Fabio Quartararo se délecte d’un Grand Prix de Saint-Marin où il est pourtant arrivé deuxième.

Battu par Francesco Bagnaia, le Français décrit une course intense où il a été à la limite, et a aimé ça.

« Je pense que c’est ma meilleure course. » Tout sourire, Fabio Quartararo a donné le ton d’entrée de jeu en conférence de presse, ce dimanche. On aurait pu croire que finir deuxième, à 364 millièmes de Francesco Bagnaia, l’aurait déçu ; il n’en est rien. « Une victoire est totalement différente, et je pense que c’est la première fois que je suis aussi content d’une deuxième place. Pas pour le championnat, mais parce que j’ai tout donné. (…) C’était une belle course, celle où je me suis le plus amusé. »
Troisième sur la grille, le Niçois a d’abord dû se défaire de Jorge Martin puis Jack Miller. La puissance des deux Ducati Desmosedici GP21 rendait l’exercice difficile, et il a fallu trouver des solutions. « Dès le départ, je me battais avec Jack (Miller) et Martin comme si c’était le dernier tour ! J’ai dépassé Jack à un endroit où je n’aurais jamais pensé doubler quelqu’un. »

Lancé à la poursuite de Francesco Bagnaia, à partir du tour 14, il a pratiquement réussi à combler les 2,7 secondes qui l’en séparaient à la mi-course. Mais il lui a manqué quelques virages pour tenter quelque chose. « Dans le dernier tour j’étais un peu trop loin de Pecco, parce qu’aux virages 4 et 5 il était bien plus fort que Jack. J’ai voulu le doubler dans le virage 6 mais j’étais trop loin, et au secteur 3 il était comme dans un tour qualif’, avec un tel angle dans le virage 12. J’ai dit ‘ok, c’est le moment de rester calme’. » 
Leader du championnat, Fabio Quartararo aurait pu se contenter de la deuxième place, une fois celle-ci sécurisée. Sur la calculette, l’opération était bonne dans l’optique de la conquête du titre. Mais il a préféré être à 100 % pour jouer la victoire. Simplement parce que c’est comme ça qu’il aime rouler, sans calculer.

« Il y a eu 3-4 moments où j’ai été proche de finir par terre, raconte-t-il. Un quand Jack est sorti large et moi aussi, j’ai totalement perdu l’avant. Puis, quand j’essayais de suivre Pecco, aux virages 2, 3, 13, j’étais complètement à la limite, mais c’est comme ça que j’aime rouler. Quand je revenais un peu sur lui, le team me le disait et ça me motivait. Rattraper Pecco est une chose, le doubler est une autre histoire . il est vraiment précis dans ses trajectoires, je ne pouvais rien faire. »
Comme aux Grands Prix de Doha et de France, quelques mois plus tôt, il est le seul pilote non-Ducati du podium. Avec Enea Bastianini arrivé troisième, la marque italienne a désormais placé cinq de ses six hommes sur la boîte cette saison. Cela pourrait lui être utile au championnat, en cas de stratégie d’équipe pour déstabiliser Fabio Quartararo. Qui espère lui que Yamaha va faire des progrès sur la M1, pour lui permettre de mieux se battre en course.

« Au début je me battais avec Jack et Martin, je ne voyais que du rouge. Doubler une Yamaha avec une autre Yamaha est facile parce que c’est plus ou moins la même accélération, mais quand il y a des motos différentes…, regrette-t-il. Je reprenais Pecco dans les secteurs 1 et 4, mais dès que j’ai été derrière lui, il s’éloignait dans les secteurs 2 et 3. Et ce n’est pas seulement grâce au moteur, car dans les virages 11, 12 et 13, il était meilleur que tout le monde, sans que ce ne soit qu’une question de puissance. C’était un peu du ‘je reviens, il part, je reviens, il part’. »
« Nous avons certaines choses à essayer au test (de la semaine prochaine) mais nous avons du mal à dépasser, poursuit-il. Cela dépend des virages ; il y a des virages comme les 4, 5, 6 où on change de direction et c’est beau de le faire, mais ce sont des virages où il n’est pas habituel de doubler. »

Championnat MotoGP actuel : 1. Fabio Quartararo 234 pts, 2. Francesco Bagnaia 186 (-48), 3. Joan Mir 167 (-67), 4. Johann Zarco 141 (-93), 5. Jack Miller 140 (-94)…