La pluie rebat les cartes du Grand Prix de Saint-Marin. Pour Johann Zarco, elle lui permet de ne pas souffrir de son avant-bras droit, qui sera opéré mercredi prochain. Une piste mouillée en course lui donnerait plus de chances de rouler devant.

Johann Zarco n’a pas été l’homme le plus rapide de la journée, à Misano, mais il a bien été l’homme de ce vendredi après-midi. Le Français s’est montré le plus rapide de la deuxième séance d’essais libres, disputée sur un circuit trempé par les averses. Son avantage, de plus d’une demi-seconde sur son premier poursuivant, témoigne de l’aisance qu’on lui connaissait déjà dans ces conditions.

Ça ne l’avait pas fait sur le mouillé à Spielberg, en août, mais les choses sont rentrées dans l’ordre ici. « Peut-être parce qu’il y a plus de grip ici qu’à Spielberg, a-t-il expliqué. Spielberg arrive aussi après une longue pause, c’est difficile de bien sentir la moto d’entrée, on sait que si on pousse un peu trop on peut direct chuter et ça ne m’a pas. On n’arrive pas à Misano après une longue pause donc c’est plus facile de sentir la moto et les pneus. »

Le pilote Pramac a aussi mis en avant les kilomètres engrangés une quinzaine de jours plus tôt à Misano, avec sa Ducati Panigale d’entraînement. Les réflexes et références prises à ce moment lui ont permis d’être en confiance dès le matin, même si sa FP1 s’est terminée au onzième rang. Les places de cette séance sont à prendre sans sur-interprétation, car la pluie est venue interrompre les pilotes à une douzaine de minutes de l’arrivée. « C’était important de m’entraîner ici avec la Panigale après Silverstone, car c’est un circuit très technique et j’ai immédiatement eu de bonnes références. Tout le monde est très proche donc je suis content d’être dans la partie. »

Johann Zarco et sa Ducati Panigale V4 à Misano, le 31 août dernier.
La Panigale est différente de la Desmosedici GP22, mais les caractéristiques de Misano justifient de venir y rouler quand même. « Il y a des circuits, comme Barcelone, qui sont très grands, donc on ne peut pas trop utiliser la moto. Misano est plus petit avec des virages serrés. J’ai aussi pu voir de bonnes choses sur comment Bagnaia utilise la Panigale, et on s’habitue à la piste. On peut vraiment pousser, le cerveau doit s’habituer et je me suis immédiatement senti bien. Je pense que ça a économisé au moins 20 minutes d’essais. »

En difficulté ces dernières semaines, Johann Zarco a donc retrouvé la tête du peloton MotoGP le temps d’une séance. « Ça te rappelle pourquoi tu es là, c’est important, donc j’ai eu une bonne journée et j’en suis content. »

Qu’attendre de la suite ? Cela dépendra des conditions météo. Le Français doit espérer de la pluie, pour la vitesse qu’il y a par rapport aux autres, mais aussi pour les difficultés physiques que lui donne son avant-bras droit (syndrome des loges) sur le sec. « Logique, car c’est un petit circuit et il y a plus de virages à droite. » En revanche, rien à signaler quand la piste est trempée.

« L’intensité sur la moto est moindre (sur le mouillé), donc ça permet de rouler sans douleur, avec plus de concentration, de lucidité, détaille-t-il. Avoir la solution de mercredi

permet aussi d’être mieux dans sa tête sur le sec ; je me dis que même si j’ai mal, ça aide à forcer davantage en se disant ‘allez, un dernier coup, de toute façon on a la solution, serre les dents’. »

Le scénario idéal : soleil samedi matin pour lui permettre de rentrer dans le top-10 directement qualificatif en Q2, puis mouillé le reste du week-end. Interrogé par GP-Inside, Johann Zarco estime pouvoir tenir « une quinzaine de tours » sans douleur sur le sec. Il y en aura vingt-sept à couvrir dimanche.

✪ Ce travail vous a plu ? GP-Inside survivra et vous fera vivre votre passion encore longtemps grâce à ses abonnés !
Soutenez-nous pour seulement 2€/mois, accédez à tous les avantages (intégralité du contenu, concours-cadeaux…), renforcez l’indépendance de notre petite équipe (100 & sans publicité sur la version Premium) et participez au succès d’un média moto à votre service.