Andrea Dovizioso décrit son retour en MotoGP comme motivé par le challenge à relever avec Yamaha, marque pour qui il avait déjà roulé en 2012. L’Aprilia RS-GP, qu’il aurait aussi pu chevaucher sur les Grands Prix, n’était d’après lui « pas suffisamment » bien dotée.

La présence d’Andrea Dovizioso au Grand Prix de Saint-Marin 2021 est l’un des événements du week-end. Dix mois après sa dernière apparition en MotoGP, l’ancien fer de lance de Ducati, triple vice-champion du monde de 2017 à 2019, retrouve sa vie d’avant : celle de pilote à temps plein. Les couleurs ont cependant changé ; il porte désormais celles du Petronas Yamaha Sepang Racing Team.

L’Italien doit sa présence à Misano à la mise à pied de Maverick Viñales par Yamaha. Franco Morbidelli a été promu à sa place dans l’équipe officielle Monster Energy, et lui appelé pour prendre le guidon de son compatriote chez Petronas. Le voilà donc en lice pour les cinq dernières épreuves de la saison 2021, puis toutes celles de 2022.

Comment s’est joué ce retour ? Le nouveau pilote Yamaha a eu droit à une conférence de presse individuelle ce jeudi, où il a pris le temps de revenir sur sa situation. Première raison évoquée : le monde des Grands Prix (et notamment « ne pas être devant en MotoGP ») lui manquait. Normal, pour quelqu’un qui a officié en championnat du monde de 2002 à 2020, soit durant 19 de ses 35 années d’existence. Il n’a d’ailleurs rien perdu de ce qu’il s’est passé cette saison.

Mais Andrea Dovizioso se dit surtout motivé par le défi que représentent ces retrouvailles avec la Yamaha YZR-M1, une moto dont il gardait un certain souvenir. Il l’a pilotée en 2012, quand il s’est retrouvé chez Tech3 après quatre campagnes en Honda RC212V (Scot Racing Team puis Repsol Honda Team). Ça n’était pas allé plus loin, et il sentait qu’il y avait une histoire à terminer.

« Fin 2020 je n’étais pas préoccupé, j’avais fait ce que je voulais faire. Mais une chose folle est arrivée et des portes se sont ouvertes. Si ça n’était pas arrivé, je crois que je me serais retiré car je ne le vivais pas mal, ni avec colère. J’étais bien chez moi, plus tranquille, ma copine me l’a particulièrement dit (rires). Cependant, quand cette porte s’est ouverte, je n’ai pas pu dire non. »

« Après une bonne saison en 2012 je rêvais d’avoir une Yamaha officielle, mais ce n’est pas arrivé. Ça m’est resté en tête, et quand j’ai eu cette opportunité, je n’ai pas voulu la perdre, confie-t-il. Je ne veux pas dire que je vais être le meilleur avec la M1, mais comme pilote je crois que c’est ma moto ; c’est la sensation que j’ai après l’avoir vue durant tant d’années. Beaucoup de personnes pensent qu’il y a plus de risques pour moi que de possibilités de m’en sortir bien, mais ça ne m’inquiète pas car je roule pour moi et j’ai envie de le faire. Je prendrai ce risque. »

Et en prenant ce « risque », Andrea Dovizioso espère finir par jouer les premiers rôles. « Je suis ici pour me battre pour le titre, comme tout autre pilote, et on verra si c’est possible. Je n’ai jamais roulé juste pour être là, et je ne le ferai pas : je n’y prends pas de plaisir et je n’aime pas ça. »

Cette aspiration à gagner est la raison qui l’a mené à refuser les appels du pied d’Aprilia, assure-t-il encore. S’il a accepté de faire quelques tests avec la RS-GP, qu’il juge dotée d’une « très bonne base », il estime qu’il en manquait encore à la moto pour qu’il s’engage en compétition avec.

« Massimo Rivola (PDG d’Aprilia Racing, NDLR) est une personne sympathique, il m’a beaucoup pressé pour essayer la moto et il a gagné (rires). C’était une bonne idée, pour les deux : j’ai pu rouler avec une MotoGP, et leur donner mon opinion. Mais je ne l’ai pas fait avec l’idée de faire de la course, je ne voulais pas être en MotoGP à tout prix et ce n’est pas la situation que je voulais pour moi. L’Aprilia a une très bonne base, je m’en suis rendu compte tout de suite, mais ce n’est pas suffisant pour gagner en MotoGP. »

La Yamaha YZR-M1 dont il va disposer à partir de ce week-end n’est pas réputée pour être la moto la plus compétitive, car il s’agit de la version précédente. Franco Morbidelli s’en est lui-même plaint à plusieurs reprises. Mais Andrea Dovizioso ne s’en inquiète pas pour l’instant, parce que son objectif porte sur 2022 :

« Là je n’ai pas à me battre pour le championnat, et l’important de l’accord est que l’an prochain, j’aurai une M1 officielle. Là, l’important sera de la comprendre et me sentir bien (avec), je sais que je devrai piloter d’une autre manière et ça me demandera du temps. Je pense plus à trouver la bonne position sur la selle, car je suis un peu petit. Quand ce sera le cas, je pourrai commencer à forcer. »

Pour l’aider dans sa quête, l’Italien pourra compter sur l’aide de son nouveau chef-mécanicien, Ramon Forcada. « J’ai entendu de très bonnes choses sur lui, il a gagné des championnats et a beaucoup d’expérience avec la Yamaha. C’est la personne parfaite pour moi », se réjouit-il. Il sera aussi à ses côtés en 2022.

Dans tout ça, Andrea Dovizioso sera le dernier coéquipier de la carrière de Valentino Rossi, puisque le nonuple champion du monde s’apprête à se retirer. Un duo 100 % transalpin, le plus vieux de la grille, mais aussi le plus prestigieux. « Courir avec Valentino est spécial, pas parce qu’il a tant gagné, mais parce que c’est une personne spéciale. Nous nous sommes toujours croisés durant nos carrières, mais n’avons jamais joué un titre l’un contre l’autre, c’est dommage. Il profite aujourd’hui de ces cinq courses, ses cinq dernières, et j’essaierai de faire de même. Je suis curieux d’être dans le box avec lui, je vais découvrir beaucoup de choses et je suis très content. »

Pour la suite, rendez-vous ce vendredi en piste à Misano à partir de 9h55.