Trois Luxembourgeois seront au départ de la 109e édition du Tour de France qui s’élance ce vendredi de Copenhague. On n’avait plus vu ça depuis 2015.

Kevin Geniets, Alex Kirsch et Bob Jungels seront les trois mousquetaires grand-ducaux présents au départ de la Grande Boucle ce vendredi dans la capitale danoise. Les deux premiers fourbiront leurs armes dans l’épreuve la plus médiatique de l’année alors que le rouleur d’AG2R Citroën s’élancera pour la quatrième fois dans cette aventure de trois semaines.

Ce vendredi après-midi Bob Jungels s'élancera pour le contre-la-montre à 16h17 (18e position), suivra Alex Kirsch à 17h10 (71e position), puis juste après Kevin Geniets à 17h18 (79e position).

Il faut remonter sept ans en arrière pour trouver une telle abondance de coureurs luxembourgeois au départ. Bob Jungels côtoyait alors Ben Gastauer et Laurent Didier.

Les trois professionnels auront des missions précises qui pourraient correspondre à peu de choses près. Celle de protéger leur leader sur ce Tour que l’on annonce complexe tant le profil des étapes varie et risque de convenir à tout type de coureurs.

LE VENT PUIS LES PAVÉS

La première semaine est annoncée piégeuse en raison du vent qui pourrait rendre les deux étapes danoises, et en particulier celle de samedi, un peu folles. Viendront ensuite les pavés du nord de la France qui font peur à tant de favoris à qui on a collé des lieutenants capables de les protéger sur ces terrains hostiles.

Voilà en partie les raisons de la présence de Kevin Geniets et Alex Kirsch au départ, considérés avant tout, comme des «Flahutes», c’est-à-dire des coureurs à l’aise sur les routes empruntées lors des classiques flandriennes.

Ce serait toutefois réducteur d’attribuer leur présence à cette singularité. La forme démontrée depuis le début de l’année est leur atout principal.

Kevin Geniets s’adapte à tout type de terrains. Y compris ceux plus escarpés qui attendent les coureurs plus tard dans la course. Ce grand gaillard de 25 ans,  dépossédé de son maillot de champion national dimanche dernier à Nospelt, a prouvé qu’il pouvait emmener David Gaudu, l’un des deux grimpeurs de la formation française Groupama-FDJ avec Thibaut Pinot, dans les cols. La structure de Marc Madiot vise un bon classement général final au contraire de Trek-Segafredo qui chassera les étapes et peut-être le maillot vert, voire jaune en première semaine.

Alex Kirsch sera l’un des garde-chiourme de Mads Pedersen. Le puissant danois a montré un degré de forme intéressant en première partie de saison et la perspective de s’illustrer sur sa terre natale le motive comme jamais. Pedersen peut limiter les dégâts dans le contre-la-montre de vendredi et viser une victoire au sprint samedi ou dimanche. Sans oublier les bonifications qui pourraient le lancer dans la course au maillot vert que convoiteront aussi Wout van Aert et Peter Sagan.

LE COVID EN TROUBLE FÊTE 

Enfin, Bob Jungels s’est fait une belle frayeur. Contrôlé positif au Covid 19 mercredi avec cependant une légère charge virale, il a reçu le feu vert jeudi après de longues heures d’angoisse.

Le rouleur sera aussi le lieutenant de luxe de l’Australien Ben O’Connor, quatrième l’an dernier. Sa sixième place au Tour de Suisse démontre qu’il est revenu à un niveau de forme que l’on n’a plus vu depuis des années. Voilà qui pourrait lui ouvrir des perspectives dans une épreuve de longue haleine qui permet en général aux audacieux de se montrer en deuxième ou troisième semaine.

Passe-partout, le futur trentenaire peut être d’une aide très précieuse lors de la première semaine qui sera celle qui convient le moins à O’Connor. Pour sa dernière année sous contrat avec AG2R, Jungels rêve secrètement de frapper un grand coup.

Ces stratégies sur le papier peuvent cependant très vite s’envoler. Le Covid a fait son retour dans le peloton, chamboulant les plans de certaines équipes à la dernière minute. La nervosité qui accompagne généralement les coureurs en première semaine est génératrice de chutes et d’abandons.

Il s’agit donc de passer entre les gouttes puis de rebattre les cartes si nécessaire. Ce que le Tour de France fait depuis des décennies.