Le défenseur du FC Metz, en fauteuil roulant depuis son accident de voiture en novembre dernier, a donné des nouvelles rassurantes et garde l'espoir de remarcher un jour.

Le début de saison 2019/2020 du FC Metz a été marqué par un gros choc, celui de l'accident de voiture de Manuel Cabit et de son coéquipier Kévin N'Doram, le 3 novembre dernier, sur l'autoroute entre Reims et Paris. Depuis, le latéral gauche des Grenats a perdu l'usage de ses jambes. Dans une interview accordée au Parisien lundi, le joueur de bientôt 27 ans (il est né le 3 juin) affirme se sentir "bien mieux". "Je n'ai pratiquement plus de douleur au dos. J'ai, au fil des jours, de plus en plus de sensations au niveau des jambes. Je ne les bouge pas encore, mais je ressens des choses, notamment au niveau des chevilles. C'est forcément encourageant."

REMARCHER PEUT PRENDRE "TROIS MOIS, UN AN OU PLUS"

Après deux opérations subies au CHU de Reims, Manuel Cabit a été pris en charge dans un centre à Strasbourg. Si le confinement est venu perturber sa rééducation, le joueur se dit chanceux, surtout quand il pense au décès de Nathaël Julan, jeune attaquant de Guingamp, mort en janvier dernier dans un accident de la route.

"Après la première de mes deux opérations (NDLR: au niveau de la colonne vertébrale), le chirurgien m'a dit que j'avais eu beaucoup de chance, car j'ai eu mon accident près d'un hôpital de Reims. J'ai été vite pris en charge. Il a pu me décompresser la moelle épinière très rapidement. Il m'a expliqué, en toute transparence, qu'il y a des chances que je puisse remarcher. Qu'il a fait 50 % du travail avec l'opération et que c'est à moi de faire les 50 % restants avec la rééducation. (...) Cela peut prendre trois mois, comme un an ou plus. J'ai de l'espoir. Moi, je veux me battre et réaliser mon rêve, remarcher. J'ai un match à gagner pour vaincre ce handicap. Je vais y parvenir" explique Manuel Cabit.

"PEU IMPORTE SI JE NE JOUE PLUS AU FOOT"

S'il avoue connaître quelques baisses de moral, il affirme néanmoins être bien entouré. "Certains jours, je suis un peu moins bien, mais ça ne dure pas. J'ai une famille géniale. Ma mère, ma femme et mon frère sont là afin, le cas échéant, de me remonter le moral. Christophe (NDLR : Mongai), mon agent, aussi. Ma carrière est mise entre parenthèses, et pourtant, cela ne l'empêche pas de remplir avec prévenance son rôle. Il m'a beaucoup aidé. Je ne sais comment le remercier."

Sous contrat jusqu'à 2022 avec le FC Metz, le défenseur formé à Sochaux a goûté à ses trois premiers matches de Ligue 1, face à Nantes, Lyon et Montpellier, avant le drame. Du soutien, il en reçoit du club grenat. "A tous les niveaux, ils ont été présents pour moi. Je reçois des appels du staff, du président ou de Philippe Gaillot le directeur sportif. L'équipe ne m'oublie pas non plus. Ils m'écrivent souvent par message ou sur les réseaux. J'ai aussi des témoignages de soutien des supporteurs" répond Manuel Cabit.

Mais, on peut le comprendre, le foot n'est plus sa priorité. Il pense surtout à sa famille, lui qui est devenu papa quelques mois après l'accident. "Peu importe si je ne joue plus au foot. J'aurai tout loisir de lui expliquer mon parcours, de lui raconter qu'un jour j'ai été professionnel, qu'ensuite je me suis retrouvé dans un fauteuil roulant, mais que je n'ai jamais renoncé."