Estampillé AS Nancy-Lorraine, grand rival du club mosellan, Vincent Hognon a su malgré tout s'imposer en tant qu'entraîneur chez les Grenats, qui défient Marseille ce samedi.

"Si on m'avait dit que je serais entraîneur du FC Metz en L1, pas grand monde n'aurait pu y croire". Quand Vincent Hognon a été recruté en août 2018 par l'entraîneur Frédéric Antonetti pour le seconder sur les bords de la Moselle, nombre de supporters messins ont grincé des dents.

Hognon, 45 ans, est en effet un pur produit du club au chardon, le voisin honni du FC Metz: né et formé à Nancy, où il a joué durant 9 saisons avant de rejoindre Saint-Etienne puis de finir sa carrière à Nice, l'ancien défenseur a ensuite embrassé la carrière d'entraîneur à l'ASNL.

"Quand j'étais joueur et en me projetant, je ne pensais pas spécialement devenir entraîneur, explique Hognon à l'AFP. Je pensais rester dans le foot, évidemment. A différents postes, je ne savais pas. Mais entraîneur, bien sûr que cela m'intéressait. Sinon, dans un rôle à la direction sportive, cela aurait pu être des choses intéressantes d'un point de vue intellectuel."

UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE DIFFICILE

En charge des moins de 19 ans nancéiens de 2010 à début 2013, il devient adjoint de Patrick Gabriel puis est conservé dans le staff par Pablo Correa lors de son deuxième passage sur le banc de Nancy (2013-2017).

"J'ai commencé comme entraîneur en 2010, avec les U19 de l'ASNL. Je ne pensais pas à la suite. J'avais envie d'avancer mais on ne sait jamais jusqu'où on peut aller. Repousser ses limites, c'est quelque chose que j'aime", souligne l'entraîneur.

Propulsé sur le devant de la scène à Nancy fin août 2017 après le limogeage de l'Uruguayen, Hognon va connaître une première expérience difficile en tant qu'entraîneur principal puisqu'il sera évincé à son tour en janvier 2018.

SOUS LES PROJECTEURS À METZ

A la surprise générale, Hognon rebondit quelques mois plus tard à Metz, toujours en L2, à la demande d'Antonetti, qui le connaît bien pour l'avoir entraîné à Saint-Etienne et Nice.

"On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Il y a des choses qui se présentent. Ce qui compte, c'est d'être heureux et de bien bosser, souligne le technicien messin. Ensuite les choses viennent ou pas naturellement."

Malgré les réticences initiales, il s'impose petit à petit comme le bras droit de l'entraîneur corse. Et quand ce dernier revient en décembre 2018 dans l'île de Beauté au chevet de sa compagne gravement malade, Hognon se retrouve de nouveau sous la lumière des projecteurs.

Le binôme pilote avec succès le club grenat, qui survole le championnat et retrouve l'élite, un an seulement après l'avoir quittée.

A l'aube du nouvel exercice en Ligue 1, Hognon est confirmé dans ses fonctions, tandis qu'Antonetti, qui est toujours en Corse, devient manager général du club mosellan.

SUR LA CORDE RAIDE

A Metz, le souriant technicien semble sur la corde raide depuis le début de saison. Il revendique haut et fort son indépendance vis-à-vis d'Antonetti mais n'a pas le charisme de l'entraîneur corse et certaines de ses sorties passent mal auprès des supporters.

Toutefois, le Nancéien conserve toujours la confiance de ses dirigeants alors que son équipe occupe la place de barragiste (18e) et qu'elle a été affectée début novembre par un grave accident de voiture qui a impliqué les défenseurs Kévin N'Doram et Manuel Cabit, lequel est contraint à une longue rééducation.

Un résultat positif ce samedi face à Marseille, qui arrive lancé avec six victoires consécutives, ferait du bien à tout le club messin. Et avec l'improbable Vincent Hognon, qui a dit que c'était impossible ?