Encore six spéciales pour être le plus jeune vainqueur en Championnat du monde des rallyes (WRC).

Après 18 spéciales dans la septième manche de la saison, l'Irlandais Craig Breen (Hyundai) reste deuxième. Le duo devance le Belge Thierry Neuville (Hyundai), pointé à 1 min 20 sec 9/10 du leader, le Français Sébastien Ogier (Toyota), à 1 min 38 sec 8/10, et le Britannique Elfyn Evans (Toyota), à 2 min 02 sec 2/10.

Le Finlandais Teemu Suninen et le Français Pierre-Louis Loubet sont eux 6e et 7e à 6 min 14 sec 3/10 et 7 min 32 sec 5/10 respectivement.

En tête depuis la première ES jeudi, Rovanperä, qui n'a que 20 ans, n'avait que 8 sec 5/10 d'avance sur Breen vendredi soir. En gagnant avec 10 sec 7/10 la première spéciale de samedi, le Finlandais a douché toute velléité de résistance puis continué de creuser l'écart sans prendre de risque inutile.

"On avait bien préparé cette spéciale car on savait qu'elle pouvait faire de grosses différences. Ca a été un bel effort", explique-t-il. "Hier, l'écart était faible et on l'a beaucoup accru, donc c'est une super journée. Ca n'a pas été simple mais ça rend les choses plus faciles pour demain." CQFD.

SUCCÉDER À LATVALA

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Le Finlandais Kalle Rovanperä (Toyota) et son copilote Jonne Halttunen lors de l'ES8 du rallye d'Estonie, près de Karste, le 16 juillet 2021 / © AFP

Après avoir été l'an dernier, pour sa première saison parmi l'élite, le plus jeune pilote à accéder au podium (3e en Suède), le jeune Kalle entrevoit un nouvel exploit: succéder à un autre Finlandais, son patron chez Toyota Jari-Matti Latvala, qui avait 22 ans lors de sa victoire inaugurale en Suède en 2008.

Ce serait une belle manière, aussi, de se relancer après une première partie de saison en dents de scie.

Après un début prometteur (4e du Monte-Carlo, 2e du Rallye Arctique en Finlande), Rovanperä menait le championnat après deux manches. Mais il a eu du mal à se remettre d'un accident dans la première spéciale du rallye suivant, en Croatie.

Il a ensuite terminé 22e au Portugal, 25e en Sardaigne, 6e au Kenya, et il retrouve des couleurs sur des routes qu'il connaît bien pour y avoir fait ses classes avant de rouler en Mondial. Elles ressemblent aussi à ce que peut offrir son pays natal.

Derrière le leader, sauf accident ou panne, le podium semble promis aux Hyundai de Breen et Neuville. Reste à voir dans quel ordre, seul le Belge jouant le classement des pilotes.

"C'est un bon résultat pour l'instant mais il reste une journée, donc il ne faudra pas faire d'erreur ou avoir de problème mécanique pour ramener un bon résultat pour l'équipe", exhorte Neuville.

"SE BATTRE"

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Sébastien Ogier (Toyota) et son copilote Julien Ingrassia lors de l'ES8, près de Karste, le 16 juillet 2021 / © AFP

En tête du classement des pilotes avec 34 points de plus qu'Evans et 56 de mieux que le Belge, Ogier, pour sa part, a choisi son combat samedi: "se battre pour le championnat".

"Pour l'instant, je ne lutte pas contre Thierry mais contre Elfyn", rappelle le Français. "Notre cible principale est derrière nous, donc tout va bien. Demain, il faudra conserver notre position et des points supplémentaires sont possibles dans la Power Stage."

Cette fameuse Power Stage, 24e et dernière spéciale du rallye à la mi-journée dimanche, fait certainement aussi de l'oeil au régional de l'étape, l'Estonien Ott Tänak (Hyundai).

Annoncé parmi les favoris, il a abandonné pour la journée vendredi matin après une série de crevaisons mais n'a pas pour autant renoncé à faire le spectacle samedi, remportant six spéciales sur neuf.

"Demain, ça sera comme aujourd'hui, promet Tänak. Si c'est lent, on s'ennuie. Au moins, rendons les choses intéressantes."