Le sélectionneur de l'Allemagne, Joachim Löw s'est dit "très optimiste", mais redoute "l'incroyable classe individuelle" de l'équipe de France.

Avant l'Euro (11 juin-11 juillet), son dernier tournoi international en tant que sélectionneur de l'Allemagne, Joachim Löw s'est dit, dans un entretien à l'agence allemande SID, filiale sportive de l'AFP, "très optimiste", mais redoute "l'incroyable classe individuelle" de l'équipe de France.

QUESTION: Dans quel état d'esprit abordez-vous, personnellement et votre équipe, ce tournoi ?

REPONSE: "Je suis de bonne humeur et très optimiste. Ce que je vois et ressens en termes d'énergie et d'engagement dans l'équipe est excellent. Les joueurs sont très ambitieux et veulent réussir. Tout le monde le sait: nous devons être prêts immédiatement. Il y a une bonne dynamique dans l'équipe. En 2018, l'atmosphère était différente, il y avait une certaine lourdeur dans le vestiaire que je ne ressens pas maintenant".

Q: Votre groupe est très relevé: que faut-il faire pour battre la France et le Portugal ?

R: "Nous connaissons très bien la France, c'est l'équipe au monde qui s'adapte le mieux à son adversaire. Nous savons comment ils jouent et pourtant il est presque impossible de les discerner, car ils sont extrêmement flexibles. Cela vient de l'incroyable classe individuelle de ses joueurs. Ils sont extrêmement forts et très difficilement prévisibles. Le Portugal aussi a une énorme force offensive, joue régulièrement à un très haut niveau depuis 2016 et est une équipe très homogène. Face à ces adversaires, il faudra tout donner. Vous ne pouvez pas faire d'erreurs contre eux. Si votre concentration n'est pas constamment à son maximum, ils l'exploiteront sans pitié".


Q: Face à de telles attaques, votre clé sera la rigueur défensive ?

R: "Une défense compacte sera la condition préalable. Si on ne l'a pas, on aura des problèmes et les Français et Portugais en profiteront. En 2018 (lors du Mondial en Russie), nous avons toujours été menés au score lors de nos trois matches de poule, du coup vous ne méritez pas d'aller plus loin. Si nous sommes à nouveau menés, ça va être compliqué. Nous devons intérioriser cela, sans perdre notre puissance offensive. Sinon, ce ne sera pas suffisant".


Q: Le rappel de Mats Hummels et Thomas Müller a-t-il pour objectif de faire revenir cette mentalité de gagnant qui vous caractérisait en 2014 ?

R: "Cette mentalité est en train de se développer. Tout le monde doit faire sa part -en critiquant, en louant, en encourageant, en soutenant, en poussant-, pas seulement le sélectionneur. Thomas (Müller) et Mats (Hummels) jouent un rôle important, ils doivent diriger. Nous avions jusqu'ici des joueurs comme Neuer, Kimmich, Kroos, Gündogan ou Goretzka qui parlent beaucoup. Maintenant, nous avons plus d'expérience, ce qui est bon pour nous".


Q: Que pensez-vous de votre successeur après l'Euro, Hansi Flick ?

R: "Nous sommes tous d'accord pour dire que Hansi possède d'excellentes qualifications pour ce poste. Il a prouvé au Bayern Munich qu'il pouvait diriger des joueurs de haut niveau. L'organisation du jeu, sa culture, l'idée qu'il poursuit - je pense que tout cela est très, très bien".


Q: Qu'envisagez-vous après le tournoi après avoir quitté votre poste de sélectionneur que vous occupez depuis 2006 ?

R: "J'aimerais revoir le Belchen (sommet dans le sud-ouest de l'Allemagne), c'est ma montagne locale. Je n'ai encore rien prévu, mais je dois d'abord prendre une certaine distance émotionnelle. Dans les semaines qui suivront, j'ai hâte de revoir la Forêt-Noire de manière plus intensive, de passer du temps avec ma famille et mes amis".