Le judoka français Teddy Riner s'est imposé en finale du Masters de Doha mercredi.

Il avait en tête de "marquer son territoire" à bientôt six mois des Jeux de Tokyo: Teddy Riner (+100 kg) a renoué avec la victoire au Masters de Doha mercredi pour son retour en compétition internationale presque un an après sa défaite à Paris - sa première depuis plus de neuf ans.

Le Français Teddy Riner affronte le Russe Inal Tasoev, lors de la finale (+100 kg) du Masters, le 13 janvier 2021 à Doha (Qatar) / © AFP

Riner, qui ambitionne à 31 ans de conquérir dans la capitale japonaise un troisième sacre olympique après 2012 et 2016 - du jamais-vu en poids lourds -, a battu aux pénalités le Russe Inal Tasoev, N.3 mondial, en finale.En février dernier, c'est le N.2 japonais Kokoro Kageura qui lui avait infligé sa première défaite depuis septembre 2010 et après 154 combats remportés consécutivement, au troisième tour du tournoi de Paris.

Parmi les images de la nouvelle normalité au temps du Covid-19, on en retiendra deux de la bulle qatarie. Celle du robot jaune aux faux airs de "Minions" déplacé par trois opérateurs protégés de la tête aux pieds, avec combinaison et surchaussures, qui pulvérise du désinfectant sur les tatamis dès deux heures de combats écoulées. Puis celle, dans l'ascenseur de l'hôtel officiel, de deux juges japonaises offrant à leurs collègues l'accessoire devenu indispensable: des masques, présentés comme particulièrement confortables.

De la normalité d'avant le virus, tout n'a toutefois pas disparu. Riner en a même ravivé un phénomène longtemps immuable en terminant en vainqueur dans l'imposante salle de Lusail.

Le judoka Teddy Riner, heureux après sa victoire en finale du Masters face Russe Inal Tasoev (catégorie +100 kg), le 13 janvier 2021 à Doha (Qatar) / © AFP

Ce succès remet le double champion olympique en titre et décuple champion du monde (huit fois en +100 kg, deux en toutes catégories) dans une dynamique positive dans la dernière ligne droite vers son défi olympique historique au pays du judo.

Seul le Japonais Tadahiro Nomura, en poids légers, a pour l'instant réalisé l'exploit de devenir triple champion olympique de judo (1996, 2000 et 2004).

En cinq combats, Riner, arrivé au Masters à son poids le plus bas depuis 2012 après avoir rigoureusement régulé son alimentation ces derniers mois, en a remporté quatre sur cinq par ippon (dont un aux pénalités).

Lui que les complications de déplacements liées à la pandémie ont contraint à se cantonner largement à une opposition assez légère au quotidien sur les tapis de l'Insep, a pu avoir entre les mains, et maîtriser, un top 3 (Tasoev), un top 5 (Meyer), et trois top 15 (Khammo, Zaalishvili, Bashaev) au fil de la journée. Précieux en termes de repères et de sensations.

Même si le N.1 mondial Lukas Krpalek était absent. Et que le Japonais Hisayoshi Harasawa (N.2) s'est blessé, à l'épaule droite apparemment, dès son entrée en lice.

D'ici à l'échéance olympique, Riner prévoit ainsi de "partir une à deux semaines par mois en stage à l'étranger" pour se confronter à des adversaires de son calibre, explique à l'AFP son entraîneur Franck Chambily.

Cette victoire est également une excellente opération comptable dans la hiérarchie mondiale pour Riner. Sa rareté en compétition depuis son deuxième sacre olympique (six mois de pause après les JO-2016, vingt mois sans compétition entre novembre 2017 et juillet 2018, et suspension du circuit mondial de mars à octobre dernier) s'est traduite par un net recul.

Il n'abordait ainsi le premier rendez-vous de 2021 qu'au 27e rang mondial. Mais les 1800 points offerts au vainqueur vont le faire bondir d'un coup aux portes du top 10, ce qui le rapproche considérablement d'un tableau olympique plus favorable.

Entre Paris il y a près d'un an et Doha mercredi, le sociétaire du PSG s'était de manière beaucoup plus inattendue incliné aussi aux Championnats de France par équipe en octobre à Brest, face à Joseph Terhec.