Le coureur cycliste Fabio Jakobsen, victime d'une violente chute à l'arrivée du Tour de Pologne mercredi, est toujours dans le coma.

Violemment tombé à l'arrivée du Tour de Pologne mercredi à Katowice (sud), Fabio Jakobsen était toujours plongé dans un coma artificiel jeudi alors que le responsable de cette terrible chute massive, Dylan Groenewegen s'est dit "désolé".

Le coureur de 23 ans de l'équipe Deceunink, dont l'état de santé demeure grave mais stable, a subi une opération de cinq heures à la tête pendant la nuit, ont indiqué jeudi matin les médecins de l'hôpital où est il soigné.

Jakobsen a lourdement chuté peu avant peu avant la ligne d'arrivée de la première étape du Tour de Pologne mercredi. Le champion en titre des Pays-Bas a été tassé par son compatriote Dylan Groenewegen (Jumbo-Visma) dans un sprint à pleine vitesse, en faux-plat descendant, et a été projeté par-dessus les barrières.

Groenewegen, qui a été opéré pour une clavicule cassée, a présenté ses excuses jeudi sur Twitter.

"Je pense que c'est terrible ce qui s'est passé hier. Je ne trouve pas les mots pour décrire à quel point je suis désolé pour Fabio et d'autres qui sont tombés ou ont été touchés. Pour le moment, la santé de Fabio est la chose la plus importante. Je pense à lui tout le temps", a écrit Groenewegen.

"Dylan se sent très mal à cause de ce qui s'est passé. Il en a été profondément affecté. Bientôt, nous discuterons en détail de l'incident avec lui", a indiqué Richard Plugge, le manager général de la formation Jumbo-Visma.

Cela n'a pas empêché Patrick Lefevere, le patron de l'équipe Deceuninck, d'annoncer déposer plainte. "C'était une action très sale de Groenewegen. On ne fait pas ce genre de choses. Nous avons déjà déposé une plainte auprès de l'UCI et nous ferons de même auprès de la police en Pologne. Nous ne laisserons pas passer ça", a-t-il indiqué à l'agence Belga.

"J'ai regardé ce sprint des dizaines de fois. Je ne comprends pas du tout l'action de Groenewegen. Un coureur doit rester sur sa ligne", a ajouté Lefevere.

La police de Katowice a affirmé qu'elle enquêtait sur l'affaire et que les procureurs locaux examinaient la nécessité d'engager une procédure.

Alors que les médecins ont un temps craint pour la vie de Jakobsen, ils ont finalement réussi à stabiliser son état mercredi en fin de soirée et devaient tenter jeudi de le sortir du coma.

"Un scanner a été effectué et le cerveau ne semble pas avoir été endommagé", a déclaré Pawel Gruenpeter, directeur adjoint de l'hôpital de Sosnowiec aux médias polonais.

"Les principales blessures se situent au niveau du visage. Heureusement, les yeux n'ont pas été touchés", a précisé le directeur adjoint de l'hôpital. Jeudi matin, l'organisateur de la course, Czeslaw Lang, s'est déclaré "quelque peu soulagé" après avoir parlé aux médecins. "Après avoir vu l'accident, nous avons craint le pire, mais maintenant nous savons que la situation est grave mais stabilisée", a-t-il ajouté.

M. Lang a donné des nouvelles, rassurantes également, du commissaire de course heurté de plein fouet par Jakobsen: "Il a repris conscience et son état est stable."

Si Groenewegen est désigné généralement comme le premier responsable de l'accident -il a d'ailleurs été rapidement disqualifié -, l'organisateur de la course a aussi été pointé du doigt pour le choix d'une arrivée en faux-plat descendant, ainsi que pour le type de barrières utilisé.

"Chaque année, le même sprint en descente idiot au Tour de Pologne", a réagi notamment l'Allemand Simon Geschke. "Chaque année, je me demande pourquoi l'organisation pense que c'est une bonne idée. Les sprints massifs sont assez dangereux, on n'a pas besoin d'une descente à 80 km/h!"

La chute de Jakobsen est intervenue un an jour pour jour après la mort de l'espoir belge Bjorg Lambrecht (22 ans), décédé après avoir chuté et heurté une structure en béton sur ce même Tour de Pologne.