Le Championnat MotoGP va enfin débuter dimanche à Jerez (Espagne), à huis clos et avec plus de quatre mois de retard, Marc Marquez partant à l'assaut d'un septième titre pour égaler Valentino Rossi, dont ce sera la dernière saison chez Yamaha mais pas en MotoGP, a assuré mercredi l'Italien.

A 27 ans, le prodige espagnol, titré en 2013, 2014, 2016, 2017, 2018 et 2019, entend bien continuer sur sa Honda son entreprise de démolition de la concurrence, avec comme coéquipier pour une saison seulement son frère cadet Alex, titré l'an dernier en Moto2.

Marc va jouer les premières manches à domicile sur le circuit de Jerez, hôte des deux premières épreuves à une semaine d'intervalle. Le championnat ira ensuite en République tchèque pour une course, puis en Autriche pour les deux suivantes, probablement toujours sans spectateurs.

Après une longue période de confinement, Marc et Alex ont repris depuis quelques semaines l'entraînement en motocross. Huit mois se sont écoulés depuis le dernier Grand Prix, près de cinq depuis les derniers essais et remonter sur une selle de MotoGP n'est pas nécessairement évident.

Des tests officiels étaient du coup prévus à Jerez mercredi, avec masques pour tout le monde dans les garages, afin de permettre au plateau de se remettre dans le bain. L'Espagnol Maverick Vinales (Yamaha) en a signé le meilleur chrono, devant le Français Fabio Quartararo (Yamaha-SRT) et l'aîné des Marquez.

Chez Yamaha d'ailleurs, l'avenir de Rossi suscite les interrogations. Le quadragénaire italien, septuple champion du monde (2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2008, 2009) mais qui n'a plus gagné depuis 2017, sait que c'est sa dernière saison pour l'écurie d'usine.

- Victoire pour Quartararo ? -

Il y sera remplacé en 2021 par le jeune Quartararo, révélation de l'année dernière.

Mais le "Docteur" a assuré mercredi à la chaîne italienne Sky Sport qu'il serait "à 99%" encore en piste la saison prochaine, probablement au sein de l'écurie satellite Yamaha-SRT.

Le pilote français de l'écurie Yamaha SRT Fabio Quartararo lors de sa présentation sur le circuit de Sepang, le 6 février 2020 / © AFP/Archives

Les premières courses seront déterminantes pour se faire une idée de sa capacité à se battre pour les places de tête, voire une ultime victoire, sa 90e au plus haut niveau.

Quartararo bénéficiera en attendant d'une machine d'usine, tout en continuant d'évoluer au sein de Yamaha-SRT. Le Niçois court toujours après sa première victoire en MotoGP, qui serait la première d'un pilote tricolore à ce niveau depuis celle de Régis Laconi en 1999.

Cinquième du classement final pour sa première participation l'an dernier, Fabio a profité du confinement pour parfaire sa condition physique, affichant sur les réseaux sociaux force vidéos de ses différents exercices.

Son compatriote Johann Zarco a trouvé refuge chez Ducati-Avintia après sa campagne avortée l'an dernier avec KTM. Il s'agira pour le Cannois de se faire remarquer dans l'optique des transferts pour 2021, avec une éventuelle selle dans l'écurie d'usine italienne.

- Suzuki plus que jamais outsider -

Composée à nouveau cette année des Italiens Andrea Dovizioso (vice-champion du monde 2019) et Danilo Petrucci, l'équipe Ducati n'a pas remporté le championnat depuis 2007 et n'a pu faire mieux que troisième l'an dernier, derrière Honda et Yamaha, au classement des constructeurs.

L'Italien Andrea Dovizioso (Ducati) lors des essais du GP d'Espagne de MotoGP, le 15 juillet 2020 à Jerez de la Frontera / © AFP

Suzuki reste plus que jamais en position d'outsider, avec deux victoires et une seconde place l'an dernier grâce à l'Espagnol Alex Rins. Les bleus et blancs doivent se montrer plus réguliers s'ils veulent venir se mêler plus souvent au trio de tête et les promesses entrevues lors des essais de février pourraient le leur permettre.

Restent KTM et Aprilia. L'écurie autrichienne a connu des déboires l'an passé avec une machine rétive et s'aligne pour la dernière fois avec l'Espagnol Pol Espargaro, en partance pour Honda l'an prochain, épaulé par le débutant sud-africain Brad Binder, deuxième du championnat Moto2 en 2019.

Aprilia se passera elle pour les premières courses des services de l'Italien Andrea Iannone, sous le coup d'une suspension pour dopage qu'il conteste et qui sera remplacé par le Britannique Bradley Smith. L'écurie italienne, dernière du championnat l'an dernier, a elle aussi laissé entrevoir lors des essais hivernaux de belles promesses qu'elle doit maintenant confirmer.