A quel niveau est véritablement Mercedes ? Après des essais hivernaux en demi-teinte, l'écurie championne du monde en titre de Formule 1 a dominé les deux premières séances d'essais libres du Grand Prix d'ouverture de 2019 à Melbourne (Australie) vendredi.

Son quintuple champion du monde britannique Lewis Hamilton, déjà le plus rapide à la mi-journée en 1 min 23 sec 599/1000, a récidivé dans l'après-midi sur le circuit de l'Albert Park, avec un chrono de 1 min 22 sec 600/1000, 48/1000 devant son coéquipier finlandais Valtteri Bottas.

Dans un mouchoir de moins de 3/10 à l'issue de la première séance, la concurrence directe (Ferrari et Red Bull) pointait à 8/10 en fin de journée.

Faut-il en conclure que l'écurie allemande bluffait quand elle assurait à Barcelone fin février que Ferrari était plus rapide ? Ou au contraire qu'elle est désormais proche de son maximum et que ses adversaires en gardent sous la pédale ?

"Ca n'est que quand tout le monde baissera son pantalon en qualifications demain (samedi) que nous verrons vraiment où nous nous situons", résume de manière imagée le patron de Red Bull, Christian Horner.

- "Pas confiants du tout" -

Mattia Binotto (c), le nouveau "team principal" de Ferrari à côté de Sebastian Vettel (g) et Charles Leclerc, le 13 mars 2019 à Melbourne / © AFP

"Nous ne sommes pas confiants du tout", confie pour sa part Mattia Binotto, le nouveau "team principal" de Ferrari qui a semblé dominer les essais hivernaux. Ce "ne sont pas des qualifications, pas un environnement de course, vous ne savez pas dans quelles conditions roulent les autres (et notamment les quantités d'essence embarquées, qui influent sur le poids des monoplaces et donc leur vitesse, ndlr). Il est très difficile de comparer les performances."

"Je pense que nos adversaires sont très forts. (Mercedes) a gagné les (cinq) derniers championnats et est donc toujours d'une manière ou d'une autre l'équipe à battre", clame-t-il.

Le PDG de l'écurie allemande Toto Wolff est tout aussi prudent à la veille de la première qualification de la saison. "Nos débuts en essais hivernaux n'étaient pas fameux, puis nous avons apporté des évolutions substantielles la deuxième semaine et, doucement mais sûrement, nous avons commencé à comprendre et à apprendre, et la fin a été plutôt décente", raconte-t-il.

L'Allemand Sebastian Vettel (Ferrari) et Hamilton avaient en effet surclassé leurs adversaires avec 3/1000 seulement pour les séparer.

"Mais quelques kilos d'essence (en plus ou en moins) peuvent vous faire paraître meilleurs ou moins bons, rappelle-t-il. C'est pourquoi samedi sera le premier véritable étalonnage cette année."

- Hommages à Charlie Whiting -

Une chose, toutefois, transparaît déjà nettement: les F1 2019 seraient plus rapides que celles de 2018, alors que la simplification de leur aérodynamique, destinée à leur permettre de se suivre et de s'attaquer plus facilement, devait en théorie les ralentir. Hamilton avait en effet dominé les essais libres 2 l'an dernier en 1 min 23 sec 931/1000.

Le Finlandais Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) lors de la 2e séance d'essais libres du GP d'Australie, le 15 mars 2019 à Melbourne / © AFP

En ce début de saison, le meilleur du reste, derrière les "top teams", est le Finlandais Kimi Räikkönen, passé de Ferrari à Alfa Romeo Racing (ex-Sauber), l'équipe de ses débuts.

A l'autre bout du classement, à quelque 4 sec d'Hamilton, Williams est elle plus que jamais en perdition, comme ses temps aux essais hivernaux le laissaient déjà penser.

Dernier constructeur l'an passé, en retard aux essais d'avant-saison faute d'avoir assemblé à temps sa monoplace, privée de son directeur technique Paddy Lowe qui s'est mis en congé à une semaine du premier GP, l'écurie de Grove (Angleterre) a également dû revoir sa monoplace avant cette échéance pour s'assurer qu'elle soit en conformité avec le règlement !

Brassards noirs, messages sur les monoplaces, la journée a également été marquée par de nouveaux hommages au directeur de course Charlie Whiting, décédé jeudi, à l'âge de 66 ans, des suites d'une embolie pulmonaire.