Tel père, tel fils ? L'adage a été trop difficile à assumer pour Mick Schumacher pour percer dans un sport, en l'occurrence la Formule 1, qui a élevé au rang de légende un paternel, Michael, pilote le plus titré de l'histoire avec Lewis Hamilton.

Après deux saisons seulement en F1, "Schumi junior" quittera sauf rebondissement l'élite du sport auto dimanche après la dernière manche de l'année à Abou Dhabi. Peut-être pas pour toujours, à 23 ans seulement la route est encore longue, mais force est de constater qu'il n'a pour le moment pas convaincu.

Arrivé par la petite porte en 2021, chez Haas, la seule écurie à finir l'année avec zéro point, il en sort par un soupirail, remplacé par un revenant, son compatriote Nico Hulkenberg, 35 ans, 181 départs et zéro podium au compteur.

Un désaveu pour le fils de Michael Schumacher, dont l'avenir au plus haut niveau est désormais bien flou. Lâché par son écurie, motorisée par Ferrari, il devrait aussi quitter le giron de la Ferrari driver academy, qui lui a permis de gravir les échelons.

"C'est évidemment décevant, car j'ai l'impression d'avoir fait du bon travail jusqu'à présent", a-t-il réagi jeudi en conférence de presse. "Nous avons eu des hauts et des bas, c'est sûr, mais je pense que la tendance était toujours à l'amélioration".

OBJECTIF 2024

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Le pilote allemand Mick Schumacher au volant de sa monoplace Haas sur l'autodrome d'Interlagos à Sao Paulo au Brésil le 11 novembre 2022 / © AFP/Archives

"Le dossier est tout sauf clos pour moi", a-t-il également promis à ses fans sur les réseaux sociaux, terminant son message par "PTW", "prove them wrong" en anglais (Prouve-leur qu'ils ont tort).

Pour 2023, il lui reste encore une infime chance de rester en F1. Un baquet chez Williams reste encore à valider. Mais l'écurie britannique a annoncé qu'il était réservé à l'Américain Logan Sargeant, à condition qu'il obtienne sa Super licence, indispensable pour courir en F1. Ce devrait être une formalité pour l'actuel 3e de Formule 2, qui doit finir dans les six premiers du championnat.

Et quand bien même il ne l'obtenait pas, nul ne dit que Schumacher serait le plan B de Williams. D'autant qu'être le plan B d'un pilote de 21 ans sans aucune expérience ne serait pas flatteur. Le natif de Vufflens-le-Château, en Suisse, vise au mieux 2024.

En 42 Grands Prix, Schumacher n'a pas fait mieux qu'une 6e place. Bien sûr, sa monoplace était des moins performantes. En 2021, Haas a fini dernière. Il était pour lui difficile de faire mieux qu'une 19e place, et il a au moins fini devant son ancien équipier, le Russe Nikita Mazepin.

MAGNUSSEN EN RÉVÉLATEUR

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La F1 du pilote allemand Mick Schumacher prise en charge par les services de sécurité du circuit de Suzuka au Japon après son accident lors de la première séance de qualification du Grand Prix japonais le 7 octobre 2022 / © AFP

"C'est seulement ma deuxième année en Formule 1 et l'année dernière je ne sais même pas si on peut vraiment la compter parce que, évidemment, c'était une année difficile, toujours à l'arrière", s'est-il justifié.

Mazepin out, en raison des liens entre son père milliardaire - dont l'entreprise était sponsor principal de Haas - et le président russe Vladimir Poutine, Schumacher avait un tout autre défi en 2022 avec une monoplace plus rapide et un nouvel équipier: Kevin Magnussen.

Face à l'expérimenté Danois, le jeune Allemand n'a pas tenu la cadence. Magnussen a débuté par une 5e place à Bahreïn puis une 9e en Arabie saoudite. Schumacher par une 11e place puis un violent accident à Djeddah, tout seul en qualifications, le privant de la course.

Le pilote allemand paie le prix de ses nombreux accidents dont celui au Japon, qui a coûté à son équipe "un demi million d'euros supplémentaires de casse", selon le patron de Haas Guenther Steiner, pour qui "cela ne devrait simplement pas arriver".

Il faudra attendre la 10e course de 2022 pour voir ses premiers points. Et au final, avant l'ultime rendez-vous dimanche, Schumi Jr, 16e, compte 12 points contre 25 à Magnussen, 13e. Sans oublier l'incroyable pole position de Magnussen au Brésil, quand Schumacher terminait lui dernier des qualifications... Le grand écart.