Popularisé en Occident grâce aux films de Bruce Lee, le kung-fu est une pratique chinoise qui trouve son origine au Ve siècle. Il existe des styles très différents selon les pays. Au Luxembourg, quinze clubs sont recensés et les adultes, mais surtout les enfants, en raffolent.

Le kung-fu, vous connaissez? Il s’agit d’un ensemble d’arts martiaux également appelé Gong fu ou Wushu. C’est un style de combat qui s’est développé en Chine au cours de plusieurs décennies. Il est considéré comme un sport traditionnel de plus en plus populaire en Europe, représentant fortement la culture asiatique. Il y a différents kung-fu comme le Shaolin, le hun gar, le tai chi, le qi gong. Il compte de nombreux adeptes dans le monde. Bien qu’étant un art de combat, le kung-fu prône la vertu et la paix.

Les moines l'ont adopté

Son origine remonterait au Ve siècle. Le moine indien Bodidharma, chargé d’enseigner le bouddhisme en Chine, trouva les disciples du temple Shaolin en mauvaise santé. Il a donc décidé de les initier à un entraînement martial pour leur redonner vigueur, souplesse et un apaisement de l’esprit. La méthode s’est avérée efficace puisqu’elle est toujours enseignée et que ces moines sont réputés pour leurs prouesses physiques et mentales.

Maîtrise et technique

Considéré comme un art martial, un sport, une manière de vivre, une philosophie, un état d’esprit, voire une étrange pratique asiatique, le kung-fu semble aujourd’hui connu de tous. Il est pourtant arrivé récemment en Occident.

Le terme a été popularisé dans les années 1970 par les films d’un certain Bruce Lee. Ce karaté chinois s’est depuis démocratisé. «Kung» veut dire travail, effort, dépassement de soi, tandis que "Fu" signifie homme. "Kung-Fu" fait donc référence au travail répété, acharné d’un être humain, avec l’idée de le réaliser le mieux possible, devenant un accomplissement personnel.

On comprend donc le lien avec la pratique des arts martiaux, qui demande patience et rigueur. Il est toutefois plus compliqué de saisir pourquoi ces mots font référence à l’ensemble des arts martiaux chinois, puisque cette notion s’applique à n’importe quelle autre discipline demandant temps, effort et compétence. Ainsi, en Chine, on peut dire d’un excellent cuisinier qu’il possède "un bon kung-fu", de même pour un musicien adroit ou un artiste de talent.

Un style qui varie selon les pays

En Chine, il n’existe pas un mais des centaines de styles de kung-fu: bouddhiste de Shaolin, tibétain, taoïste. Styles du Nord et du Sud, arts internes ou externes. De quoi en perdre son latin…

"En Europe, aussi, selon le pays, il y a plusieurs kung-fu, explique David Chenut, qui a ouvert son club à Schifflange en 1999. Je viens du karaté et j’ai découvert les arts martiaux aux Philippines. J’ai commencé par le Hun Gar kung-fu puis le Wing chun. Ici, on est orienté self-défense. On est assez traditionnel au Luxembourg par rapport à la France ou à Allemagne. Nous n’utilisons aucune arme mais nous développons un seuil de compétences, c’est un travail sur soi mais aussi de cohésion sociale."

Une école de la vie

Le kung-fu peut se pratiquer à tout âge et ce dès 3 ans. "On commence par des jeux, de l’équilibre, de la coordination de mouvements. On tente de les stimuler au maximum et ils acquièrent rapidement des réflexes."

Il y a autant de filles que de garçons, chose plutôt rare dans la pratique d’un art martial. "Chacun peut y trouver son compte. On apprend à évoluer aux contacts des autres, à se défendre  mais aussi à gérer son stress c’est quelque chose qui peut servir à l’école."

Quand on veut atteindre un but dans la vie, le plus grand obstacle que l’on rencontre, c’est soi-même. "Grâce à cette discipline, vous devenez indépendant et plus fort d’esprit. Grâce à votre sagesse et votre savoir-faire, vous allez apparaître plus sûr de vous, plus fort et déterminé."

Ces compétences aident les enfants à s’intégrer dans la société et à affronter la vie. "Dans notre programme Little Panda, nous insistons sur le développement positif des enfants à travers le plaisir et la motivation."

Les 6 ans et plus sont surnommés les Tigres; au-delà, pour les ados jusqu’à 16 ans, ce sont les Dragons qui investissent le tatami de la salle de Schifflange dans laquelle officient trois entraineurs pour 80 adhérents, à raison de vingt cours par semaine.

De la boxe à la chinoise

Le sanda ou sanshou est l’évolution du wushu en sport de combat. Il intègre les quatre principales catégories d’attaques: ti (coups de pied), da (coups de poing), shuai (projeter), na (attraper); ainsi que les parades et blocages. Cette pratique compétitive met l’accent sur les techniques de poing, de pied et surtout de projection permettant ainsi des stratégies de confrontation élaborées, imposant aux combattants des qualités de vitesse, de puissance et de précision.

"Chez nous, pas de compétitions, mais on organise des passages de grades pour les enfants et ils reçoivent des ceintures comme au judo. Ici on apprend les bases pour se défendre de façon efficace et fonctionnelle tout en développant des capacités physiques et stratégiques", ajoute David.

Vous l’aurez compris, ce sport chinois très en vogue, qui n’a rien de nouveau au vu de ses origines séculaires, a conquis le monde. Par son état d’esprit, sa philosophie et ses bienfaits. Lou, 11 ans, pratique depuis quatre ans et a gagné en concentration, en énergie, en confiance en elle. Elle rêve de décrocher un jour sa ceinture noire. Attention, le "kung-fu fighting" (chanson de Carl Douglas datant de 1974) est contagieux!

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