Une vidéo amateur, filmée par Shady Rizk, montre le moment où une puissante explosion au port de Beyrouth a dévasté la capitale libanaise.

Plus d'une semaine après la tragédie du 4 août ayant fait 171 morts et plus  de 6.500 blessés, les Libanais en colère continuent d'enterrer les victimes de l'explosion au port de Beyrouth. Le coût des dégâts dépasse les 15 milliards de  dollars, a annoncé mercredi le président du Liban Michel Aoun. Les forces politiques traditionnelles conspuées par la rue abordent la formation d'un nouveau gouvernement, réclamé sans délai par la communauté internationale. Le Parlement libanais s'est réunit ce jeudi pour entériner l'état d'urgence décrété à Beyrouth après l'explosion meurtrière et dévastatrice au port, qui a alimenté la rage de l'opinion publique contre une classe politique jugée responsable du drame en raison de son incurie.

VOUS NOUS AVEZ TUÉS! PARTEZ!

Dans un Beyrouth sinistré, où des quartiers entiers ne sont plus que des ruines chancelantes, des appels à manifester ont circulé jeudi sur les réseaux sociaux pour empêcher la tenue de la séance parlementaire.
"Vous nous avez tués! Partez! Nous allons descendre empêcher les criminels de se réunir", peut-on lire dans les messages de la contestation circulant en ligne.

La séance parlementaire s'est tenue, malgré des appels à  manifester peu suivis. Présidée par le chef du Parlement, Nabih Berri, en poste  depuis 1992, elle a officiellement entériné l'état d'urgence, décrété par le  gouvernement au lendemain du drame pour deux semaines.

Le drame du 4 août, catastrophe de trop pour des Libanais déjà éreintés par une crise économique, a relancé un mouvement de contestation déclenché à l'automne 2019 contre l'intégralité de la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence, et aujourd'hui jugée directement responsable de l'explosion de par sa négligence.

© ANWAR AMRO / AFP

Toute la République était au courant, parfois depuis des mois, voire des années, de la présence dans un entrepôt du port de tonnes de nitrate d'ammonium, et ce depuis six ans, de l'aveu même de certains responsables et selon des sources sécuritaires. Après l'explosion du 4 août, l'enquête se poursuit. Dès vendredi, le parquet va interroger plusieurs ministres, anciens et actuels, au sujet des quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium stockés au port.

Ces derniers jours des heurts ont secoué les abords du Parlement à plusieurs reprises, les forces de l'ordre tirant des gaz lacrymogènes contre des manifestants jetant des pierres.