L'association L214 a rendu public des images de cochons souffrant de l'élevage intensif en Bretagne.

En France, l'association L214 a réalisé une nouvelle enquête dans l'un des plus gros élevages de cochons du Finistère afin de dénoncer "les conditions de vie brutales" de ces animaux. Comme elle en a l'habitude, elle a publié une vidéo intitulée "Naître et mourir dans un élevage de cochons", commentée par Yann Arthus-Bertrand, photographe et écologiste français.

UNE PLAINTE DÉPOSÉE

Ces images montrent "des centaines de truies enfermées dans des cages de la taille de leur corps, mordant désespérément les barreaux devant elles, des porcelets qui naissent – et parfois meurent – dans un environnement de métal et de béton, des cochons dévorés vivants par leurs congénères rendus fous par l’ennui…"

L'association annonce "avoir porté plainte auprès du procureur de la République de Brest contre l’élevage pour mauvais traitement et sévices graves envers des animaux." Une pétition a également été lancée afin de sensibiliser les maires et leurs successeurs, candidats aux élections municipales de 2020, pour qu'ils décident d'exclure des cantines scolaires les produits issus de l’élevage intensif. "S’opposer à l’élevage intensif, ce n’est pas seulement refuser des méthodes d’élevage cruelles, c’est aussi réduire le nombre d’animaux tués dans les abattoirs" conclut L214.

LA PRÉFECTURE GARDE LE SILENCE

Tout en dénonçant "le mode opératoire" de l'association, la coopérative Triskalia, estime que les "animaux blessés auraient clairement dû être séparés des autres dès les premiers signes et soignés dans l'infirmerie prévue à cet effet". Elle assure cependant que les faits dénoncés "ne reflètent en rien la réalité des élevages au quotidien". Néanmoins, elle indique qu'elle va "procéder à toutes les vérifications nécessaires concernant cet élevage". Le groupe Triskalia compte 16 000 agriculteurs adhérents et 4 800 salariés. La préfecture du Finistère a fait savoir qu'elle ne commentait pas "au cas par cas" les vidéos de l'association, renvoyant vers un communiqué diffusé dimanche dans lequel le préfet rappelle que "de nombreux contrôles sont diligentés dans les élevages par les services de l'État". Au cours des cinq dernières années, les élevages finistériens ont été la cible d'organisations antispécistes à dix reprises, rappelle la préfecture.

L'association dénonce régulièrement le mauvais traitement infligé aux animaux: l'été dernier, elle avait notamment dénoncé dans une vidéo le sort des vaches à hublot, "victimes d'expérimentation zootechniques".