Doit-on s'inquiéter d'une éruption majeure du supervolcan de Yellowstone? Une nouvelle étude révèle que le réservoir du volcan contiendrait plus de liquide magmatique que ce que l’on pensait.

Ce n'est qu'à partir des années 1960 que l'on se rend compte que dans le parc national de Yellowstone se trouve sur un gigantesque volcan. Un supervolcan qui se caractérise par une caldeira de 45 km de large pour 85 km de long. Le réveil d'un tel géant serait une catastrophe pour les Etats-Unis, mais aussi pour la planète entière.

Or, une nouvelle étude publié par "science" révèle que le réservoir du supervolcan de Yellowstone contiendrait plus de liquide magmatique que ce que l’on pensait. Et la lave s'y déplace à de faibles profondeurs, un phénomène qui a annoncé les éruptions passées.

D'après Ross Maguire, l'auteur de l'étude, les estimations antérieures faisaient état de de 5 à 15% de matière en fusion. Mais ce taux serait monté à 20%. Des résultats qui indiquent de potentielles futures éruptions.

Mais le même Ross Maguire tempère toutefois ce constat. Les résultats de cette étude ne sont donc pas synonymes d'éruption imminente. Aucun signe extérieur du supervolcan ne le laisse d'ailleurs penser. L'activité de la caldeira du Yellowstone est tout de même suivie de très près pour détecter le plus tôt possible tout signe de réveil.

Les "super éruptions" volcaniques, peuvent en effet menacer notre civilisation en rejetant des milliards de tonnes de cendres dans l'air. Et elles sont susceptibles de se produire plus fréquemment qu'on ne le pensait, d'après une autre étude parue en 2017.

Une équipe de l'université d'Oxford avaient alors calculé que le laps de temps estimé entre deux "super éruptions" serait en moyenne d'environ 17.000 ans. "C'est substantiellement plus court que les estimations précédentes", souligne cette étude parue dans la revue Earth and Planetary Science Letters.

Cela "indique que les volcans représentent pour notre civilisation humaine un risque plus grand qu'on ne le pensait", ajoute les auteurs de l'étude.

Les précédentes estimations de fréquence de ces cataclysmes réalisées en 2004, considéraient que les super éruptions se produisaient en moyenne tous les 45.000 à 714.000 ans, indique Jonathan Rougier, professeur de sciences statistiques à l'Université d'Oxford et principal auteur de l'étude.
"Nous avons réévalué cet intervalle que nous situons désormais entre 5.000 et 48.000 ans, la fréquence la plus probable étant de 17.000 ans", ajoute-t-il.

LA NATURE N'EST PAS UNE HORLOGE

Les volcanologues qualifient de "super éruptions" les gigantesques éruptions explosives, capables de rejeter au moins 1.000 gigatonnes (mille milliards de tonnes) de matière volcanique dans l'atmosphère. Soit assez pour recouvrir de cendres un continent, assombrir le ciel durablement et refroidir le climat de la planète pour des décennies.

La dernière super éruption recensée sur la planète est celle du Taupo en Nouvelle-Zélande, il y a environ 25.000 ans. Il y a eu également celle de Aira au Japon il y a quelque 27.000 ans. Chacune avait éjecté environ 1.000 gigatonnes de débris et de cendres dans l'air.

"D'une certaine façon, nous avons eu de la chance de ne pas avoir connu de super éruption depuis", relève Jonathan Rougier.
"Mais cela ne veut pas dire pour autant que la prochaine super éruption est en retard. La nature n'est pas si régulière", tient-il à souligner.

David Pyle, professeur de Sciences de la Terre à l'université d'Oxford, tient à souligner qu'après cette étude, "Yellowstone n'est pas plus proche d'entrer en éruption aujourd'hui qu'il ne l'était hier". "Le plus probable, c'est qu'il n'y aura pas d'autre super éruption sur Terre avant des milliers d'années", selon lui.