Que se cache-t-il derrière le mot "frontalier"? C'est la question que se sont posée deux réalisateurs pour concevoir l'exposition "Frontaliers. Des vies en stéréo" proposée dans le cadre de Esch 2022.

Francoise Poos, directrice de la programmation culturelle Esch 2022, le reconnaît volontiers: "On sait très peu de choses, on connaît très peu les vies individuelles" de tous ces visages que l'on croise tous les jours au Grand-Duché, sur son lieu de travail ou dans les transports en commun.

Et quand il s'est agi de proposer une exposition sur le thème des frontaliers dans le cadre de Esch2022, Capitale européenne de la culture, plusieurs options étaient possibles. "On s'adresse à des personnes privées à qui on demande de raconter leur histoire, précise Françoise Poos. On s'est dit que Samuel Bollendorff et Mehdi Ahoudig sont connus pour leur très grande sensibilité dans le domaine du documentaire. Et c'est d'abord un choix d'auteurs qu'on a fait pour aborder ce sujet."

"UN BIEN MEILLEUR SALAIRE MAIS AUSSI PARFOIS UN COÛT HUMAIN POUR LA VIE DE FAMILLE"

Samuel Bollendorff, photographe, réalisateur et co-auteur de "Frontaliers. Des vies en stéréo" a abordé la thématique des frontaliers comme un documentariste: "On a eu envie de leur donner de la voix. De faire entendre quelles étaient leurs intimités, quels étaient leurs destins, leurs accomplissements aussi. Il s'agissait de décrire cette vie pendulaire qui consiste à passer des heures sur la route vers son travail, à travailler plus d'heures qu'en France pour évidemment un bien meilleur salaire mais avec aussi parfois un coût humain pour la vie de famille."

Ce voyage documentaire prend la forme d’une étude de terrain audiovisuelle, issue de rencontres - quelque 80 personnes ont été sollicitées -. Les  visiteurs, munis d'un casque audio, sont invités à partager ces tranches de vie dans le cadre d'une exposition immersive.

"On a choisi ce principe immersif, développe le co-auteur Mehdi Ahoudig, parce que ce qu'on cherche, avec Samuel, ce sont des dispositifs d'écoute. Et c'est la première fois qu'on utilise ce genre de procédé avec des spectateurs en mouvement dans l'exposition. Donc c'est encore une autre proposition de rapport entre le son et l'image car on ne maîtrise pas ce que les gens regardent."

RTL 5minutes vous conseille justement d'aller jeter un œil sur cette exposition, que vous soyez frontalier ou pas, à découvrir à la Massenoire à Esch-Belval jusqu'au 5 février 2023.