La société britannique Seafields veut absorber le CO2 de l'atmosphère en utilisant de gigantesques fermes flottantes d'algues.

Utiliser des algues pour emprisonner dioxyde de carbone pendant des siècles. C'est l'idée de la société britannique Seafields, à l'avant-garde des solutions biologiques pour lutter contre le changement climatique.

L'entreprise veut capturer les gaz à effet de serre, non pas en utilisant des équipements électroniques coûteux, mais en utilisant la puissance des algues sargasses. Leur solution naturelle pour l'élimination du dioxyde de carbone vise à être opérationnelle d'ici 2026. Le projet consiste en une mégaferme flottante, basée dans l'Atlantique Sud entre l'Afrique et l'Amérique du Sud.

Une mégaferme grande comme la Croatie, d'une superficie de 55.000 km2. L'idée consiste à cultiver des algues sargasses en pleine mer, à transformer sa biomasse pour en extraire des nutriments et des combustibles fossiles, puis à presser et à couler les résidus riches en carbone dans la plaine abyssale profonde sous la mer.

Le co-fondateur de Seafields déclare: "Seafields est l'idée la plus excitante que j'ai vue en termes de potentiel pour faire face à l'urgence climatique. En faisant pousser des sargasses de manière durable, nous utiliserons le vaste espace disponible dans l'océan pour répondre à la demande à venir de crédits carbone au cours des deux prochaines décennies, tout en éliminant des milliards de tonnes de CO2 de notre atmosphère. C'est l'équivalent océanique de la plantation d'arbres dans tout le désert du Sahara."

LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

"L'océan représente 70 % de la surface de la Terre et nous offre la meilleure solution possible pour lutter contre le changement climatique."

La sargasse a une croissance rapide et a un rapport carbone/azote très élevé, ce qui la rend extrêmement efficace pour la séquestration du carbone. Comme les fermes aquacoles en haute mer de Seafields sont flottantes, elles ne nécessitent pas d'amarrages coûteux et difficiles à entretenir.

La biomasse de sargasses sera traitée en mer, évitant un transport énergivore. Les algues seront cultivées au large des côtes dans les zones de l'Atlantique subtropical et tropical avec des concentrations suffisamment élevées de nutriments dans les eaux de surface pour permettre la croissance.

Une partie de la récolte sera transformée en bioéthanol et autres produits de stockage de carbone en partenariat avec Carbonwave, le plus grand transformateur de sargasses au monde. Une fois les nutriments et autres composants utiles des sargasses extraits, la biomasse restante sera compressée en balles denses, riches en carbone et à flottabilité négative pour un stockage au fond de la mer, sur des sites sélectionnés de la plaine abyssale profonde.

Le faible pourcentage de CO2 émis par ceux-ci mettrait 750 à 1.400 ans pour atteindre la surface de l'océan. Expliquant pourquoi la sargasse a été choisie, John Auckland le co-fondateur de Seafields ajoute: "La sargasse pélagique est une algue qui est unique dans sa capacité à flotter librement et à séquestrer efficacement le carbone en raison de son taux de croissance rapide et de son rapport carbone/azote élevé."

DES MILLIERS DE TONNES DE CO2 ÉLIMINÉES

"Nous stockerons des balles de sargasses compressées dans des endroits sélectionnés du fond marin pour assurer l'élimination à long terme de milliards de tonnes de carbone de l'atmosphère sans créer de charge environnementale pour les profondeurs marines."

L'aquafarming favorisera également la restauration des écosystèmes marins, aidant de nombreuses espèces océaniques à survivre et à prospérer, et à produire des algues qui peuvent être utilisées pour créer des biens de consommation utiles et durables.

L'entreprise a déjà attiré l'attention du groupe de rock Coldplay lors de son lancement à la COP26. Les célèbres musiciens ont choisi Seafields pour rendre leur tournée "Music of the Spheres" aussi durable et à faible émission de carbone que possible.