En plein cœur de la cité ducale, Punk Records fait office de caverne d'Ali Baba en même temps que de lieu de résistance. Voyage dans le temps et dans la musique...

"C'est un peu comme dans Astérix et Obélix, le seul et unique résistant!"

Matthieu, 17 ans, et son ami Victor, 18 ans, entrent chez Punk Records comme on entrerait dans un musée. Derriére cette porte, ouverte pour la première fois un jour de février 1975, flotte un parfum devenu rare à l'heure du streaming et de la musique dématérialisée, celui du disque vinyle. Alors qu'il remplissait le formulaire officiel du ministère français de la Culture à l'occasion du Disquaire Day, Francis Kremer, le maître des lieux, a découvert qu'il était le plus ancien disquaire indépendant du pays.

"JE RECEVAIS DES CHÈQUES DANS LA BOÎTE AUX LETTRES"

Au milieu de cette atmopshère un rien surannée, nos deux jeunes clients viennent tenter de vivre une expérience en voie d'exctinction, retrouver ce lien qui se crée entre artistes et auditeurs à travers ces galettes de vinyle et les pochettes qui les contiennent, parfois superbes.

Si Francis a pu résister à la crise du disque, amorcée par la révolution de l'informatique à l'aube des années 2000, c'est avant tout grâce à ses fidèles clients: "Je les remercie. Je recevais des chèques dans la boîte aux lettres pendant la période du Covid. Et puis il y a eu le regain d'intérêt pour le vinyle, un plus grand choix, même si le vinyle ne s'est jamais arrêté. Une nouvelle génération également qui l'a découvert."

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Aujourd'hui l'activité perdure et quelques boutiques subsistent dans la Grande Région: CD Buttek à Luxembourg-ville, La Face Cachée à Metz ou encore Rhizome à Nancy. Mais une fois de plus, l'avenir est incertain pour les amateurs de la galette noire. Car la pénurie de matières premières crée des embouteillages dans les usines de fabrication et surtout entraîne une augmentation sensible des prix.

Certaines nouveautés peuvent coûter jusqu'à une quarantaine d'euros, quand le prix moyen était de 25 euros il y a encore quelques années.

"Cet objet n'est plus abordable, admet Francis, il est de plus en plus cher. Donc on va rester, je pense, avec un noyau de gens qui veulent vraiment encore avoir l'objet, le toucher... un vécu."

C'est peut-être de la nouvelle génération que viendra la surprise. De Matthieu, passionné de musique, qui a "essayé de trouver ce qu'il y avait de mieux pour l'écouter. Et petit à petit, j'ai cherché à écouter des albums, pas seulement une chanson." De Victor, qui a réparé la platine de sa marraine afin de pouvoir écouter des vinyles. Cette passion vintage fait-elle de nos jeunes amis des snobs? Pas vraiment. Quand on lui demande quel est le dernier disque qu'il a acheté, Matthieu nous répond sans ironie: "Michel Sardou!"