Il y a quelques semaines, Aliona fuyait les bombes russes. Aujourd'hui, elle a décidé de tenter sa chance à Cannes en plein festival.

"Il était six heures du matin quand mon frère est venu me dire: tu dois te réveiller, tu dois prendre tes vêtements, des vêtements chauds, tes papiers et partir parce que la guerre a commencé. J'étais un peu choquée."

Aliona, à l'instar de milliers d'Ukrainiennes et d'Ukrainiens, a laissé sa vie derrière elle. Le 24 février, les premières bombes russes tombent non loin de sa ville Odessa. L'idée de la quitter lui brise le cœur, pourtant la maquilleuse, mère célibataire, prend cette dure décision dès les premiers signes de la guerre. Par chance, Micha, son fils de quatre ans, était en Moldavie pour une réunion de famille avec ses grands-parents, où Aliona va les rejoindre.

"TOUS LES GENS QUI SAVENT QUE JE VIENS D'UKRAINE ME SOUTIENNENT"

Ensuite, c'est la direction de France que va prendre la jeune femme. Cannes en particulier, où elle sait que chaque mois de mai démarre un festival synonyme de rêves et d'illusions, tout ce qui manque à son peuple en ces heures difficiles: "J'ai pris la décision d'être ici en mai et j'ai commencé à chercher des salons, des appartements. Je pense que quand on veut faire quelque chose, pour pouvoir aller à l'endroit que l'on veut, il ne faut pas avoir peur."
 
Si Aliona n'est pas sous les projecteurs en train de maquiller les stars, elle est déjà heureuse de pouvoir travailler et se satisfait pleinement de l'accueil chaleureux qui lui est fait: "Tous les gens qui savent que je viens d'Ukraine me soutiennent. Ils demandent toujours : Comment allez-vous ? Comment va votre famille ? C'est très gentil... très gentil."