La fête de Saint-Nicolas est restée très populaire dans la Grande Région, malgré l'avènement de son avatar, un certain Père Noël, au début du XXe siècle. Mais qui était vraiment le personnage de Saint-Nicolas? Cinquième volet de notre série dans les rues de Nancy...

Les Nancéiens se sont-ils appropriés la tradition de Saint-Nicolas? C'est dans la ville de Meurthe-et-Moselle que se déroule le plus grand défilé de la Grande Région à l'occasion de cette fête très appréciée en Lorraine.

Mais comment un évêque d'Anatolie du 4e siècle est-il devenu un personnage incontournable du côté de Nancy?

Catherine Guyon, maître de conférence habilitée à diriger des recherches en histoire du Moyen-Âge à l'Université de Lorraine, nous éclaire sur Nicolas de Myre: "La légende s'est développée en Occident à partir du 12e siècle, en Normandie, dans la région d'Orléans et en Allemagne. Des éléments historiques réels sont à l'origine de la légende des trois petits enfants qui reviennent à la vie après avoir été découpés par un boucher. Saint-Nicolas de Myre, évêque d'Anatolie au 4e siècle, était connu pour venir en aide aux pauvres, notamment à un père en difficulté ou à des jeunes gens de sa région, des actes à l'origine de la légende."

C'est après sa mort que sa popularité va grandir à travers tout le monde chrétien. "Dès les années 1045, 1070, poursuit Catherine Guyon, on a des traces d'un culte à Saint-Nicolas à Verdun, à Metz et à Gorze. Avant même Saint-Nicolas-de-Port. Mais c'est vraiment avec l'arrivée d'une relique de Saint-Nicolas à Saint-Nicolas-de-Port dans les années 1090, 1093 que le rayonnement de Saint-Nicolas va prendre de l'importance en Lorraine mais aussi dans l'ensemble de l'Occident."

Alors que les chrétiens sont menacés en Anatolie, un commando de marins de Bari décidé d'aller voler la dépouille de Nicolas de Myre pour la ramener en Italie. Mais ce n'est pas fini...

"Il y a eu un autre vol de relique, relate l'historienne, cette fois émanant d'un Lorrain semble-t-il. Un certain Aubert de Varangéville qui se serait rendu à Bari et aurait prélevé sur le corps de Saint-Nicolas une phalange, le doigt bénissant de Saint-Nicolas. Et il l'aurait rapportée dans sa localité d'origine de Varangéville où se trouvait un prieuré sous l'autorité de l'abbaye de Gorze. L'abbé de Gorze, Henri, était passionné par Saint-Nicolas et c'est lui qui a véritablement instruit le développement de la relique, qui l'a installée dans une petite chapelle à Port, non loin de Varangéville et qui est devenue très vite le centre d'un important pèlerinage à Saint-Nicolas qui va prendre le nom de Saint-Nicolas-de-Port."

Ce samedi 4 décembre, la commune située à une quinzaine de kilomètres organisera bien sûr son défilé de la Saint-Nicolas, toujours très populaire.

À Luxembourg-ville, le "Kleeschen" défilera le dimanche 5 décembre de la place de Paris vers le centre-ville, avec distribution de "Tiitecher" place Guillaume II entre 17h et 18h.

Le point culminant des festivités de Saint-Nicolas dans la Grande Région sera le grand défilé organisé le samedi 4 décembre à Nancy. Un bestiaire de créatures fantastiques et 23 chars déambuleront de la place Carnot (départ à 18h) jusqu’à la place Stanislas (arrivée entre 19h15 et 20h30 environ avec la remise des clés de la ville).

Merci à Sylvie Marchand (Bibliothèque Stanislas, Nancy) et à l'abbé Thomassin, recteur de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port

Voir les épisodes précédents tournés à:
Luxembourg-ville
Arlon
Thionville
Metz