Et si les villes de demain captaient le carbone au lieu d'en rejeter? Voici l’Urban Sequoia, un projet de bâtiment capable de capturer le CO2 à la manière des arbres.

Une équipe d’architectes du cabinet SOM (Skidmore, Owings & Merrill) basé à Chicago a profité de la COP26 pour dévoiler un projet qui permettrait de changer le béton en or vert.

Ils sont partis d'un constat simple: le secteur du bâtiment génère près de 40% de toutes les émissions mondiales de carbone. Et les populations urbaines continueront de croître au cours des prochaines décennies, des études ont prédit que 230 milliards de mètres carrés supplémentaires de nouveau parc immobilier seront nécessaires d'ici 2060.

Et si l'environnement bâti pouvait être une solution à la crise climatique, plutôt qu'une partie du problème?

Et si les bâtiments pouvaient agir comme des arbres: capter le carbone, purifier l'air et régénérer l'environnement? 

S'inspirant des processus naturels et des écosystèmes,  Urban Sequoia envisage des "forêts" de bâtiments qui séquestrent le carbone et produisent des biomatériaux pour créer une nouvelle économie du carbone et un environnement urbain résilient.

SOM a imaginé un prototype d'immeuble de grande hauteur qui peut être construit aujourd'hui. C'est une solution viable qui pourrait avoir un impact considérable sur le climat.

URBAN SEQUOIA CAPTURE AUTANT DE CO2 QUE 48.500 ARBRES

Chris Cooper, partenaire du cabinet d'architectes, explique la stratégie: "Notre idée est de bâtir des forêts entières de Sequoias – faites de bâtiments, et donc de faire de nos villes, une partie de la solution en les concevant pour séquestrer le carbone, modifiant ainsi le cours du changement climatique."

Pour les villes, le prototype de SOM est un immeuble de grande hauteur qui peut capturer jusqu'à 1.000 tonnes de carbone par an, c'est autant que 48.500 arbres.

RTL

© SOM | Miysis

Après 60 ans, l’Urban Sequoia absorberait jusqu'à 400% de carbone de plus qu'il n'aurait pu en émettre pendant la construction. Avec la biomasse et les algues intégrées, les façades pourraient transformer le bâtiment en une source de biocarburant qui alimente les systèmes de chauffage, les voitures et les avions. Et une source de bioprotéines utilisable dans de nombreuses industries.

Le carbone et la biomasse capturés peuvent être utilisés pour produire des biomatériaux pour les routes, les chaussées et les canalisations. En convertissant les paysages urbains en jardins qui absorbent le carbone on pourrait séquestrer jusqu'à 120 tonnes de carbone par kilomètre carré.

Et en reproduisant ces stratégies dans les parcs et les espaces verts, on pourrait économiser jusqu'à 300 tonnes de carbone par kilomètre carré et par an.