Dans un entrepôt au nord de la ville, Paulo Marques collectionne et restaure de vieux tramways rouillés depuis un quart de siècle.

Le cliquetis des tramways jaunes résonne depuis plus d’un siècle dans les rues pavées de Lisbonne. Mais ils sont de plus en plus nombreux à être retirés du service. Un homme s'est donné pour mission de maintenir cette tradition en vie.

"Quand j’ai acheté le premier tramway, les gens s’en moquaient, mais il y a un peu plus de considération maintenant que le tramway est devenu la carte postale de la ville", déclare ce passionné âgé de 48 ans. Son entrepôt est rempli de 13 tramways et d’équipements pour les réparer. Paulo Marques achète et répare des tramways depuis un quart de siècle. Son plus vieux modèle date de 1906 et sa dernière acquisition est un modèle de 1961.

Cela peut prendre jusqu’à cinq ans pour les ramener à la vie mais cela vaut toujours la peine de se donner du mal pour les voir évoluer sur le petit morceau de voie à l’extérieur de son entrepôt.

LE SYMBOLE DE LISBONNE

Les tramways transportent les Lisboètes le long des rues vallonnées de la capitale portugaise depuis 1901 et ils sont toujours populaires. Ces dernières années, les habitants se sont même plaints de ne pas pouvoir les utiliser pour leurs déplacements quotidiens en raison des hordes de touristes désireux de découvrir les itinéraires les plus emblématiques.

Avant que les bus et le métro ne commencent à dominer le système de transport urbain à partir des années 1960, des centaines de tramways circulaient sur plus de 100 km de voies. Il reste maintenant une cinquantaine de tramways historiques.

"Tous ceux qui viennent ici, qu’ils aiment les tramways ou non, sont éblouis par la collection" déclare, fier de lui Paulo Marques.
"Les objets de collection sont généralement petits, et rarement aussi grands. C’est une collection unique.

Paulo Marques, qui possède également un restaurant sur le thème du tramway dans le centre-ville de Lisbonne.

Son objectif est de faire en sorte que les gens n’oublient pas la contribution du tramway à l’histoire de Lisbonne et à son expansion. Il accueille parfois des groupes de passionnés mais garde secret l’emplacement de son entrepôt? après avoir été victime du vol d’une partie de son équipement.

Son rêve ultime est d’ouvrir son propre musée du tramway. Et ils compte pour cela sur son fils de 14 ans, tout aussi passionné par les tramways. Il espère qu'il reprendra le flambeau pour que l'histoire continue.