"An Zéro", film mêlant fiction et partie documentaire, crée la sensation dans la Grande Région. Son co-réalisateur Julien Becker nous raconte l'histoire de ce projet "explosif"...

Le sujet est assez fort pour dépasser le cadre de la Grande Région, jusqu'à intéresser la chaîne de télévision ARTE qui diffusera le film en avril. C'est en 2016 que l'idée du film An Zéro - Comment le Luxembourg a disparu arrive sur les bureaux de la société de production Skill Lab, basée au Grand-Duché. L'idée a sans doute effleuré plus d'un Luxembourgeois: et si un accident majeur se produisait à la centrale de Cattenom et venait menacer le pays?

Sa présentation au LuxFilmFest coïncide avec les 10 ans de la catastrophe de Fukushima au Japon, un agenda que ses producteurs ont organisé pour marquer les consciences. Autre parti pris: celui de mélanger fiction et partie documentaire. "L’idée, explique Julien Becker, est quand même partie de: Mince, qu’est-ce qui se passerait si... S'il y a un accident. Et dans les documentaires sur le nucléaire, c’est souvent très factuel: des faits scientifiques, des questions de sécurité, tous ces sujets importants et très intéressants. Mais du coup il y a une certaine distance. On s’est dit:  Si on veut traiter ce sujet, il faut une partie plutôt factuelle mais aussi de l’émotion et de l’empathie."

C'est ainsi qu'entre les scènes jouées par des acteurs, comme Sophie Mousel ou Luc Schiltz, on peut entendre les témoignages de différents spécialistes luxembourgeois ou ministres en exercice, comme Claude Turmes, ministre de l’Énergie, ou Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement.

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UN SUJET EXPLOSIF ET UNE POLÉMIQUE


Un nuage radioactif virtuel entoure la sortie de ce film. En effet, sa co-réalisatrice, Myriam Tonelotto, s'est désolidarisée du projet. Son nom n'apparaît d'ailleurs plus au générique. Sa version du montage n'a pas été validée par le diffuseur ARTE et la réalisatrice a désavoué celle qui a été présentée au LuxFilmFest, la jugeant "
sensationnaliste". Un regret pour le producteur et co-réalisateur, qui nous a rappelé les aléas de la production d'un film destiné à une chaîne de télévision: "Le problème, c’est que c’est une coréalisation, qu’il y avait un projet qui a été financé par le Film Fund Luxembourg à la base. Un projet qui a été validé par la chaîne (ARTE, NDLR) qui a accepté ce projet. Et il y avait certains points où ce projet déviait un petit peu, ce qui peut arriver, mais il y a un moment où il y a des accords. J’étais d’accord avec les retours de la chaîne, en tant que producteur, en tant que co-réalisateur. Myriam Tonelotto ne voulait plus faire de changements, elle était satisfaite de sa version. Elle nous a indiqué que si nous devions faire ces changements et que ça ne lui plaisait pas, elle retirerait son nom du projet.

UNE APPLI POUR VIVRE LA CATASTROPHE EN TEMPS RÉEL

Le jour de la diffusion du film, prévue sur ARTE le 21 avril, une application sera lancée par les producteurs du film. Nommée An Zéro, elle passera pour l'application d'un journal fictif appelé Infos Grande Région. Au fil de la journée, les abonnés recevront, entre les informations classiques, des notifications sur des événements à la centrale de Cattenom. Au fur et à mesure, les signes d'une catastrophe seront distillés, à la manière d'un jeu de rôles immersif.

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© Julien Becker (Skill Lab team)

La diffusion du film sur ARTE est prévue le 21 avril 

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© Julien Becker (Skill Lab team)