RTL 5minutes a embarqué avec les forces de police pour vous dévoiler tout l'arsenal de contrôles dont elles disposent pour assurer la sécurité sur l'un des axes autoroutiers les plus denses de France.

L'A31, en particulier l'axe Metz-Luxembourg, est un petit monde à part...

Ses usagers réguliers y passent un temps important, que certains ne préfèrent pas calculer pour préserver leur santé mentale, et conduire sur cette autoroute requiert souvent une grande capacité à rester "zen".

En 2009, les autorités françaises ont abaissé la vitesse maximale (passée de 130 km/h à 110 km/h, et même limitée à 90 km/h près des grandes agglomérations) pour tenter de maintenir une certaine fluidité du trafic. Mais l'attractivité grandissante du Luxembourg a entraîné une saturation quasi quotidienne de la circulation.

Assurer la sécurité relève donc du défi pour la police autoroutière. Le commandant Philippe Glorian est en charge de trois postes de commandement — Metz, Nancy et Strasbourg —, et 92 personnes officient sous ses ordres au P.C. basé à Moulins-lès-Metz. Ce secteur inclut l'A31 de Pont-à-Mousson à la frontière luxembourgeoise, l'A30 jusqu'à Crusnes et la Rocade de Metz, en tout 275 km à surveiller dans les deux sens.

DES VÉHICULES SÉRIGRAPHIÉS, D'AUTRES BANALISÉS

Camionnettes, voitures, motos, sérigraphiées ou banalisées… Le poste de commandement de Metz/Moselle dispose d’une trentaine de véhicules pour vous contrôler tout au long de l’année.

Les poids lourds représentent 15 à 18% du trafic, les hommes du commandant Glorian sont formés et équipés pour les contrôler. Des patrouilles, à moto ou en camionnette, sillonnent l'autoroute pour surveiller les comportements — les poids lourds n'ont pas le droit de doubler sur les sections à deux voies sauf sur certaines zones — aussi bien que la réglementation, parfois en collaboration avec des agents de la DREAL, Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement.

Mais attention si vous circulez régulièrement sur l'A31, plusieurs véhicules banalisés (voitures et même une moto) patrouillent pour assurer la sécurité. Si votre conduite est jugée inadaptée (respect des distances de sécurité, non respect de l'usage de la voie de droite, vitesse...), vous pouvez être verbalisé à l'appréciation de l'agent, qui n'a pas besoin d'avoir recours à un radar. La seule différence, dans le cas d'une vitesse excessive, est que l'amende ne sera pas assortie d'un retrait de point.

La vitesse, limitée à 110 km/h ou 90 km/h selon les zones, est bien sûr une préoccupation majeure. Pour la contrôler, les fonctionnaires de police disposent de plusieurs outils en plus des radars fixes installés sur l’autoroute.

LE RADAR MOBILE EMBARQUÉ... L'ARME ABSOLUE

La police autoroutière dispose de trois types de matériel radar:

  • des jumelles laser
  • ETED: équipement terrain embarqué débarqué (radar débarqué au bord de la route à proximité d'un véhicule)
  • ETM: équipement terrain mobile (radar embarqué dans un véhicule spécial)

Ce dernier équipement permet de flasher depuis une voiture banalisée en mouvement sur l’autoroute. Le radar se déclenche si la vitesse du véhicule qui le double est excessive.

Pour le calcul de la vitesse, jusqu'à 100 km/h les fonctionnaires de police pratiquent une baisse de 5 km/h de marge d'erreur, 5% de la vitesse au-delà de 100 km/h. Cette marge d'erreur monte jusqu'à 10 km/h et 10% avec le radar mobile.

Le lundi 7 décembre, une équipe de RTL 5minutes a suivi les agents de police. Une dizaine d'infractions ont été constatées en l'espace de deux heures par les jumelles laser, dont un excès de vitesse à 149 km/h au lieu de 90 km/h qui a occasionné une suspension immédiate du permis de conduire.

Seuls les contrôles aux jumelles occasionnent des interceptions, dans les autres cas les photos des infractions sont envoyées au CACIR, Centre automatisé de constatation des infractions routières, basé à Rennes. Toutes les plaques sont traitées, même les plaques étrangères.

UN BILAN SATISFAISANT EN MATIÈRE D'ACCIDENTALITÉ

Le commandant Glorian aime à le rappeler, sa mission vise à améliorer la sécurité, pas forcément à alourdir la répression: "Ce ne sont pas des moyens de pure répression, ce sont des moyens qui nous permettent d'assurer la sécurité, d'assurer correctement notre mission d'aide et d’assistance aux usagers."

Si on se base sur le bilan de l'année 2019 (2020 n'étant pas représentative en raison de l'épidémie de Covid-19), on recense 691 accidents matériels, 29 accidents corporels, 40 blessés et 7 morts sur le secteur couvert par le P.C. de Moulins-lès-Metz. Un bilan que le commandant Glorian juge satisfaisant au regard du trafic important, mais perfectible.

Son unité de Metz/Moselle a constaté en 2019, 14.500 infractions globales (hors vitesse), 700 excès de vitesse avec interception et 13.500 excès de vitesse sur radar.

Attention donc, usagers de l'A31, la police, visible ou pas, est omniprésente.