Depuis le milieu des années 60 et jusqu'à sa mort en 2007, Pol Gilson a été animé par une seule obsession: construire la maison de ses rêves.

L'histoire débute en 1964. À l'époque, Pol Gilson décide de se construire une résidence secondaire dans un écrin de verdure à Bigelbach, au nord-est du Luxembourg. La première maison est faite en bois, mais elle est détruite par un incendie en 1973. Qu'à cela ne tienne, Pol Gilson ne se décourage pas et décide de poursuivre son rêve. Il reconstruit, mais en pierre et en béton cette fois.

Pol est fils de tailleur de pierres, et dispose de bonnes notions dans le domaine de la construction. Et les métiers qu'il ne connait pas, il les apprend auprès des professionnels. La seule fois où il fait appel à une grosse machine -une pelleteuse- c'était pour creuser l'étang qui entoure la maison. Tout le reste, il l'a fait de ses mains, en véritable autodidacte: murs, toiture et même vitraux.

La construction est un travail de longue haleine. Pol récupère des matériaux partout où il le peut. Comme ces pierres tombales intégrées à la construction. Son cousin travaillait dans un cimetière, et à l'époque, les pierres tombales n'avaient plus la cote. Elles étaient jetées, et remplacées par des tombes en marbre. Pol décide de leur donner une nouvelle fonction en les utilisant dans sa construction.

Et pour la petite histoire, son "château" a même connu son heure de gloire dans le film luxembourgeois le plus vu de l'histoire: "Superjhemp Retörns". La demeure apparaît dans le film comme le Bunker secret du Grand-Duc!

Bref, c'est un peu l'équivalent luxembourgeois du palais idéal du facteur cheval en France. Ferdinand Cheval a consacré 33 ans de sa vie à la construction de ce chef-d'œuvre d'architecture naïve. Le site attire quelque 180.000 visiteurs par an, et il a été classé aux Monuments historiques il y a un demi-siècle.

© GERARD MALIE / AFP