Tornade et Luxembourg: deux mots qui ne devraient pas aller ensemble. Deux mots qui ont pourtant été synonymes d'angoisse et de désolation le 9 août 2019. Un an après, les images de la tornade font toujours froid dans le dos.

Le 9 août 2019, il est environ 17h30 lorsque le vent se met à rugir au Luxembourg. De plus en plus fort. À Bascharage, une mère de famille est dans sa cuisine lorsque son attention est attirée par les nuages qui obscurcissent le ciel. Elle sort son téléphone et commence à filmer.

Sa vidéo est devenue l'une des plus vues dans le pays, et a fait le tour de l'Europe. On y voit des éclairs, des vents violents balayer les habitations, des débris s'envoler dans un tourbillon infernal, tandis que la famille hurle de peur derrière sa fenêtre. "C'était pire que dans un film. La toiture a été arrachée, notre salle de bain détruite, la chambre aussi, les fenêtres ont explosé. Seul le premier étage a été épargné" racontera-t-elle par la suite.

Rapidement, d'autres vidéos commencent à inonder les réseaux sociaux, toujours avec cette impression surréaliste que cela ne peut pas être au Luxembourg. Et pourtant, à Pétange, Bascharage, mais aussi à Rodange et à Lamadelaine, des habitants assistent au drame. Certains voient voler des toitures entières devant eux, d'autres trouvent des abris de fortune, se réfugient dans des magasins, leur voiture, ou chez de parfaits inconnus...

Nathalie assiste à la scène depuis un magasin de bricolage à Bascharage: "J'allais sortir dehors, quand j'ai vu soudain qu'il y avait un vent de fou! Les portes étaient restées ouvertes car il faisait très chaud, donc on a eu du mal à les fermer. J'ai eu l'impression que les vitres allaient exploser. On a vu des tables s'envoler et atterrir au fond de la pépinière" témoignait-elle à 5 minutes.

"J’ÉTAIS AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT"

La tornade, générée par un orage supercellulaire, n'a duré qu'une dizaine de minutes. Mais pendant ce court laps de temps, elle a eu le temps de faire des ravages sur une vingtaine de kilomètres. Météolux a enregistré des vents à 128 km/h, mais l’analyse des dégâts a déterminé que certaines rafales ont dû atteindre localement les 200 km/h. Ce phénomène climatique, rarissime dans la région, a fait 19 blessés et d’importants dégâts matériels. Dans la seule commune de Bascharage, on compte 310 maisons et 400 arbres endommagés.

Un an après, de nombreuses victimes et témoins de la tornade ne se sont pas encore remis de la catastrophe. Parmi les deux blessés graves, il y a Ramona Schuster Goerres. Sa jambe a été brisée en 26 endroits, les tendons de sa main ont été sectionnés."Ce jour-là, j’étais au mauvais endroit au mauvais moment" raconte-t-elle à RTL. Malgré tout, elle ne veut pas se laisser abattre: "Tenir bon, continuer. Renoncer n'est pas une option!" clamait-t-elle en juillet dernier.

Mais le bilan de la tornade, ce sont aussi de nombreux et magnifiques élans de solidarité. Ces ouvriers et artisans qui sont venus prêter main forte durant leurs congés collectifs. Ce club de football qui a envoyé ses joueurs dans les rues sinistrées. Cette cagnotte en ligne qui a récolté plus de 50.000 euros en quelques heures. Mais aussi tous ces bénévoles anonymes venus du Luxembourg et de la Grande Région, et ces commerces qui se sont associés à l'effort collectif.

Un an après, les stigmates de cette tornade ont peu à peu été réparés et effacés, dans les rues, les maisons, sur les corps des blessés. Mais le souvenir de ce terrible 9 août 2019, lui, restera gravé dans bien des mémoires.