Bali est une splendide île indonésienne, qui vaut mille fois le détour! Mais il y a aussi quelque chose de pourri dans ce paradis végétal: les déchets plastiques qui recouvrent littéralement les rues et les plages.

Il existe encore des paradis sur Terre, et Bali en fait incontestablement partie. Cette île indonésienne, grande comme deux fois le Luxembourg, comblera les amateurs de récifs coralliens, de randonnées sur les volcans ou dans les rizières, de culture authentique et de temples séculaires… Pardon, j’oubliais une chose très importante : la gastronomie! Authentique, épicée, saine (enfin gare aux fritures quand même), c’est un vrai régal.

Mais mieux vaut être prévenu. Il y a un revers à ce décor de carte postale : les déchets plastiques. Impossible de ne pas les croiser. Certaines plages (pas toutes, heureusement) en sont littéralement tapissées. Et même si certaines petites mains s'échinent à ramasser les déchets, le courant en apportera constamment des nouveaux...

"TOUT EST ENTOURÉ DE PLASTIQUE"

Dans les villes et villages, les décharges à ciel ouverts sont fréquentes. Et même les offrandes traditionnelles (des petits paniers recouverts des fleurs et de la nourriture déposés dans des petits paniers en osier) sont désormais "modernisées" avec des bonbons emballés dans du plastique...

"Traditionnellement, les gens jetaient dans la rue des déchets comme le bois, les noix de coco, la nourriture,  etc. rien qui ne polluait! Mais aujourd’hui, tout est entouré de plastique" nous expliquait un habitant.

Du moins, pour l’instant. La population n’est pas aveugle et se rend bien compte que non seulement ces déchets gâchent le paysage, mais aussi et surtout empoisonnent la terre, menaçant la ressource principale de l’île qu’est le tourisme.

LA RIPOSTE

Les autorités et des associations commencent donc à sensibiliser sur les bonnes pratiques. On a par exemple croisé une association (Peduli Alam Dunutan, voir la galerie photo ci-dessus) qui recycle ingénieusement des déchets plastiques en portefeuilles, sacs, bijoux...

En 2018, l'île a décidé d'interdire le plastique à usage unique. Une mesure qui a failli capoter à cause d'un recours en justice d'une association d'industriels du recyclage des plastiques (ADUPI), qui craignaient de ne plus avoir suffisamment de matière première! Un comble... Tri et recyclage sont en effet balbutiants, ce qui oblige souvent les habitants à se débarrer comme ils peuvent des déchets, en les brûlant ou en les enfouissant.

Autre problème, l'Indonésie doit depuis 2018 faire face à un afflux de déchets importés, après que la Chine qui recyclait beaucoup de déchets occidentaux leur a fermé ses portes. Mais Jakarta a annoncé en juin dernier le renvoi de dizaines de conteneurs d'ordures vers leurs pays d'origine, aux Etats-Unis, Australie ou en Europe... Qui sait, peut-être que j'ai croisé mes déchets européens sur une plage balinaise?

On ne peut que se réjouir que l'Indonésie refuse enfin de devenir la poubelle de ces pays. Mais il faut aussi espérer que ses dirigeants et sa population vont aussi prendre leurs responsabilités. Et qu'un jour, Bali se réveillera sans cet intarissable et ignoble tsunami de plastique.