Les Beatles, Depeche Mode, Visage... Tous ces musiciens célèbres ont un lien avec le Grand-Duché. Notes et anecdotes dans notre vidéo.

Si le Luxembourg est connu pour sa place financière, il l'est moins pour sa scène musicale. Pourtant, des artistes luxembourgeois sont parvenus à rayonner au-delà des frontières du pays et des stars internationales ont tissé des liens avec le Grand-Duché.

Nous avons exploré les archives (inépuisables) de RTL et du CNA pour vous dévoiler des histoires parfois étonnantes, comme celle du Luxembourgeois Camillo Felgen, le seul à avoir fait chanter les Beatles en allemand. Vous découvrirez également dans la vidéo des pépites de la culture luxembourgeoise décalée comme le déroutant Toxic René.

"AU LUXEMBOURG, IL N'Y A PAS D'INDUSTRIE MUSICALE LOCALE"

Aujourd'hui le Grand-Duché dispose de nombreuses infrastructures de diffusion de la musique — L'Atelier, les Rotondes, la Rockhal, la Philharmonie ou la Kulturfabrik — mais également d'aide aux artistes, comme le Rocklab pour le développement technique et scénique.

Depuis 2009 existe au Luxembourg la structure music:LX, soutenue par le ministère de la Culture et la Sacem, dont la mission est d'accompagner les musiciens nationaux afin de les aider à développer leur carrière à l'étranger. Quelque 80 groupes ou artistes sont référencés sur la plateforme de music:LX, preuve de la dynamique créative du pays. Malgré tout, son directeur,
Giovanni Trono, regrette le manque d'acteurs de l'industrie musicale: "Il n'y a rien au niveau local. Par exemple, il n'y a pas de tourneurs au Luxembourg, c'est-à-dire d'agences de booking qui s'occupent d'organiser des tournées. Les artistes luxembourgeois doivent donc tenter d'intégrer le catalogue d'une structure étrangère, ce qui n'est pas une mince affaire puisque ces agences privilégient bien sûr les artistes de leurs pays respectifs."

Say Yes Dog / © music:LX

Malgré le côté pénalisant induit par la taille du pays, quelques artistes ont réussi à passer les frontières. Hormis les désormais incontournables Gast Waltzing et Francesco Tristano, on peut citer le groupe germano-luxembourgeois Say Yes Dog dans un registre électro-pop, Mutiny on the Bounty dans la niche du math-rock instrumental ou Rome, l'un des rares chanteurs-auteurs-compositeurs luxembourgeois à vivre de la musique. Avant eux, l'électro introspective de Sun Glitters avait attiré l'attention du site américain Pitchfork.

Rome / © Heilemania

"L'ÉTAT PEUT AVOIR UN RÔLE À JOUER"

Certes ces exemples sont valorisants, mais ils ne doivent pas cacher les problèmes que rencontrent les artistes qui se lancent dans la musique dans un pays comme le Luxembourg. "Il faut développer l'industrie, mais une industrie forcément tournée vers l'international, poursuit Giovanni Trono. L'État peut avoir un rôle à jouer. Par exemple, en Belgique, on a remarqué que les groupes avaient besoin de managers. L'État belge a donc subventionné des agences de management, sachant pertinemment que le début de carrière est crucial pour un artiste."

Bien sûr, difficile d'investir à un moment où l'industrie du spectacle est paralysée par l'épidémie de coronavirus. L'avenir proche est donc incertain, mais la dynamique est là et c'est le principal. Car dans un pays comme le Luxembourg, qui brasse tellement de nationalités et de cultures, un musicien ne peut que s'épanouir sur le plan créatif.