En quelques signatures apposées sur un document le 14 juin 1985, Schengen est devenue la commune luxembourgeoise la plus connue d'Europe. Une notoriété à double tranchant, puisque l'accord de libre circulation, désormais célèbre, est également une source qui alimente l'ire des nationalistes de tous bords.

Au musée européen Schengen, au bord de la Moselle, on se plaît à rappeler que l'accord signé le 14 juin 1985 par la France, l'Allemagne et les pays du Benelux (Pays-Bas, Belgique et Luxembourg), a fait de la commune un symbole de la liberté de voyager et de la suppression des frontières en Europe.

Mais cette belle idée a du plomb dans l'aile, près de 35 ans après cet acte fondateur, et surtout après que nationalistes, populistes, eurosceptiques et autres souverainistes ont fait de l'accord de Schengen la cause de tous les maux de l'Europe.

La suppression des contrôles aux frontières intérieures a marqué le début de la mise en œuvre d’une des quatre libertés fondamentales fixées par le Traité de Rome de 1957.

L’«Accord de Schengen», signé le 14 Juin 1985, sur le bateau Princesse Marie-Astrid sur les berges de la Moselle à Schengen est appliqué depuis 1995.

Les secrétaires d’État suivants l'ont signé pour leurs pays respectifs:

Pour le Luxembourg: Robert Goebbels
Pour les Pays-Bas: Wim F. van Eekelen
Pour la Belgique: Paul de Keersmaeker
Pour la France: Catherine Lalumière
Pour l’Allemagne: Waldemar Schreckenberger

Le 19 Juin 1990, un deuxième accord a été signé au même endroit pour fixer les modalités légales d’application du Traité de Schengen. Entrés en vigueur le 26 mars 1995, les accords furent intégrés dans le cadre de l’Union Européenne le 1 mai 1999 (traité d’Amsterdam).

L’Espace Schengen compte à ce jour 26 États membres: tous les pays de l’Union européenne (sauf le Royaume-Uni, qui devrait quitter l'Union le 31 janvier prochain, l’Irlande, Chypre, la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie) et en plus l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Un visa délivré par un État signataire de l’accord est valable dans l’ensemble de l'espace Schengen.

À quelques mois du 35e anniversaire de l'accord et à l'heure du Brexit, la commune luxembourgeoise limitrophe de la France et de l'Allemagne veut croire que le symbole qu'elle représente va perdurer en dépit des crises migratoires ou identitaires que l'Europe connaîtra sans doute encore...