Découvrez la sélection très "girl power" d'une activiste de la culture et du féminisme.

Qu'elles aient bercé notre enfance, qu'elles enchantent nos journées où qu'elles soient devenues des compagnes pour la vie, les chansons jalonnent notre existence.

La devise de Face B pourrait être: "Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es".

Dans cet épisode, c'est une globe-trotteuse du monde de la culture qui s'est prêtée au jeu.

Née à Caracas, Ainhoa Achutegui a grandi à Vienne (Autriche) où elle a été scolarisée au Lycée Français avant de se spécialiser dans des études en gestion de projets culturels. En 2004, elle est nommée directrice artistique de la section danse et théâtre de la WUK (Werkstätten und Kulturhaus) à Vienne avant de s'installer au Luxembourg en 2006 pour occuper le poste de directrice artistique du Centre des Arts Pluriels d'Ettelbruck. Depuis le 17 février 2014, Ainhoa Achetugui occupe la fonction de directrice générale du centre culturel de Neimënster.

Après huit années passées à la tête du centre culturel, Ainhoa fait remarquer que "Neimënster a beaucoup changé, comme le contexte a beaucoup changé. Outre la concurrence grandissante, les pratiques culturelles ont évolué. L'abbaye a dû s'adapter, en proposant par exemple des journées thématiques, au cours desquelles il y a beaucoup de manifestations. Et on a l'impression que c'est ce que les gens recherchent aujourd'hui, l'expérience totale plus que l'expérience culturelle spécifique d'une proposition unique. Nous avons par ailleurs développé les résidences d'artistes depuis 2018."

RTL

Festival Reset à l'abbaye de Neimënster, édition 2022 / © Sophie Margue

En plus de ses fonctions de directrice de Neimënster, Ainhoa Achutegui a fait le choix d'être Présidente à titre bénévole du Planning Familial. "Il y a en moi une part théorique, explique-t-elle, qui se manifeste par mon action culturelle sur le long terme. Mais il y a aussi une part plus pratique. Et au planning familial, on a la possibilité de changer des choses dans le concret, d'aider des femmes en détresse, de lutter pour nos droits sexuels et reproductifs. Ce sont des valeurs très importantes pour moi. Comme j'étais déjà active sur le plan du féminisme et que je crois à l'autodétermination des corps, j'ai accepté d'endosser ce rôle de personne qui prend la parole. Mais je n'oublie pas que je ne suis ni psychologue, ni gynécologue, ni sexologue. Le vrai travail est effectué par une équipe incroyable, je suis là pour défendre les valeurs."

En juin dernier, la Cour suprême américaine a mis un terme à la protection fédérale du droit à l’avortement aux États-Unis. Un tremblement de terre juridique qui a créé des secousses jusqu'au Luxembourg, où une manifestation a eu lieu le 28 juin dernier devant l'ambassade des États-Unis. Un mouvement d'indignation auquel Ainhoa Achetugui a naturellement pris part.

"Il y a beaucoup de mouvements pro life aux États-Unis, qui ont beaucoup d'argent et qui font beaucoup de lobbyisme, alerte la présidente très concernée par la question des droits des femmes des deux côtés de l'Atlantique. Ce qui vient de se passer, de grandes féministes comme Gloria Steinem l'avaient prédit. C'est un signal pour le monde et on aura besoin des hommes. Le droit à l'avortement n'est pas un droit féminin mais un droit de société. Au Luxembourg, la loi est très bonne mais on peut aller plus loin. On aimerait que, comme en France, on réfléchisse à inscrire le droit à l'IVG dans la constitution. Et on aimerait monter de 12 à 14 semaines de grossesse pour être autorisée à la pratiquer."