Confiance, réticence, refus catégorique... Derrière l'enthousiasme général engendré par l'annonce d'un futur vaccin contre le Covid-19 perdurent des questionnements au sein de la population.

Parmi les nombreux thèmes abordés dans l'enquête d'automne TNS Ilres réalisée pour RTL et le Wort, une statistique pouvait surprendre.

On y apprenait que, dans l'hypothèse de la mise sur le marché d'un vaccin contre le Covid-19, 53% des résidents s'opposeraient à une vaccination obligatoire des personnes vulnérables. Seuls 37% y seraient favorables. Car le terme "obligatoire" fait souvent office de repoussoir en matière de santé publique. Le Dr Jean-Claude Schmit, directeur de la Santé, nous a d'ailleurs précisé qu'il n'est pas envisagé que ce vaccin le soit au Luxembourg.

Côté français, cette crispation est encore exacerbée. Une étude de la Fondation Jean Jaurès publiée ce mardi 17 novembre montre que la réticence française à la vaccination en général, et pas forcément obligatoire, est très forte. D'après cette étude, seuls 54% des Français seraient prêts à se faire vacciner quand ce sera possible de le faire, contre 69% en Allemagne et même 79% au Royaume-Uni. Un comble au pays de Louis Pasteur.

© Fondation Jean Jaurès

Cette tendance de "Gaulois réfractaire" est très marquée chez les jeunes générations qui sont également celles qui déclarent avoir le moins peur des conséquences sanitaires de l’épidémie. La difficulté de faire accepter la vaccination dénote un manque de confiance dans les institutions politiques en même temps qu'un manque de défiance envers les scientifiques, phénomène qui est plus récent.

Dans les rues de Luxembourg-ville, résidents et non-résidents (beaucoup de frontaliers profitent encore des boutiques luxembourgeoises tant qu'elles sont ouvertes) oscillent entre soulagement à l'idée de voir arriver un vaccin et réticence, voire extrême méfiance.