Une enfant du Pays-Haut, passée par le gouvernement français, revient sur son enfance à Audun-le-Tiche et sur sa carrière.

"Ma grand-mère, quand elle parlait français, elle avait un accent qui était un mélange d'accents luxembourgeois et italien."

Toute la jeunesse d'Aurélie Filippetti est résumée dans cette phrase. Née à Villerupt, aux portes du Luxembourg, en 1973, celle qui a été ministre de la Culture de François Hollande de 2012 à 2014 a vécu à Audun-le-Tiche jusqu'à l'âge de 20 ans, descendant d'une famille d'Italiens militants. "Mon grand-père, se rappelle Aurélie Filippetti, immigré italien, était membre de la Ligue des droits de l’homme, très antifasciste, anti-Mussolini. Il a été expulsé du Luxembourg en 1927 avec d’autres antifascistes, à la suite d’un attentat contre un émissaire de Mussolini à Luxembourg. Lui et ses camarades ont été contraints de s’expatrier côté français, de même que ma grand-mère qui était née à Esch-sur-Alzette."

"QUAND IL Y AVAIT DES MATCHS DE FOOT, TOUT LE MONDE SOUTENAIT L'ÉQUIPE D'ITALIE"

Ces racines à la fois locales et sociales ont fortement imprégné la future femme politique: "C’est ce qui me constitue, c’est cette histoire très particulière des immigrés italiens en Lorraine qui sont venus travailler dans les mines et dans la sidérurgie. Ça, c’était l’histoire de mes grands-parents, de toute ma famille. Et on vivait dans une espèce de petite Italie, dans ce morceau du Pays-Haut lorrain, avec une culture très particulière, avec la gastronomie italienne, avec un festival du film italien à Villerupt, avec une convivialité, une chaleur humaine très italiennes. Et je ne devrais pas le dire mais quand il y avait des matchs de foot, tout le monde soutenait l’équipe d’Italie."

Aujourd'hui l'ancienne ministre et députée, par ailleurs romancière, se lance dans un nouveau combat politique pour les élections régionales à travers le mouvement l'Appel inédit.

À la base, il s'agissait de rassembler les forces de gauche pour aboutir sur une candidature unique. Raté. Car si l’Appel inédit regroupe en effet des représentants de la France Insoumise, du Parti Socialiste, de Génération.s, de Place publique ou de la société civile, il y aura une autre liste de gauche, menée par Éliane Romani (écologistes et divers gauche) lors du scrutin des 20 et 27 juin prochains.

L’ancienne ministre de la Culture de François Hollande et députée PS de Moselle a donc raté son pari mais compte sur ses propositions – et sans doute sur son statut de "frondeuse" – pour tirer son épingle du jeu. Parmi elles, deux idées susceptibles de remporter l'adhésion des frontaliers: la gratuité des transports publics et des cours de luxembourgeois financés par la région en zone frontalière.