Il me semble, et c'est très dommage, que le 9 mai, qui est désormais férié au Luxembourg, est davantage présenté et perçu comme une mesure de réduction du temps de travail.

Alors qu’on devrait, à mon humble avis, en parler comme un élément important en faveur d’une Union des fêtes en Europe.

S’il en est ainsi, c’est sans doute le résultat du "péché originel" commis en faisant passer le projet de rendre le 9 mai férié du chapitre "Maßnahmen zur Stärkung Europas" "(Mesures visant à renforcer l'Europe") dans le programme du LSAP au chapitre "organisation et temps de travail" dans le programme gouvernemental.

Il est en tout cas frappant -et regrettable- de voir que les articles de presse consacrés au 9 mai ont parlé de salariés qui allaient pouvoir faire des ponts, d’entrepreneurs qui se désolaient des coûts induits, de syndicats qui trouvaient que ce n'était là qu'un premier pas dans la bonne direction en faveur de l’équilibre entre vies professionnelle et privée, du Ministre du travail qui se félicitait que le projet de loi ait été voté rapidement, et jamais d'Europe. Je n’ai d’ailleurs relevé aucune intervention du Ministre des Affaires étrangères et européennes au sujet du 9 mai.

UN JOUR DE L'EUROPE... FÉRIÉ EN EUROPE!

Et pourtant, il aurait été bienvenu que Mr Pierre Gattaz, qui était il y a peu de passage dans le pays pour parler d’Europe, soit invité à prendre exemple sur le Luxembourg et à mettre au centre des objectifs européens de BusinessEurope l’idée que le 9 mai soit férié partout au sein de l'UE – un peu comme le 4 juillet aux USA.

Il aurait été bienvenu de voir les syndicats luxembourgeois exhorter le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats à défendre l’idée que le 9 mai soit férié partout au sein de l’UE lors du dernier sommet social tripartite européen dont le thème était "Pour une Europe plus forte, unie et tournée vers l'avenir".

Il aurait été bienvenu de voir vanter la force symbolique du 9 mai férié lors du récent sommet du BENELUX qui se tenait au Luxembourg en présence du ministre-président du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et des premiers ministres belges et néerlandais.

L'EXEMPLE LUXEMBOURGEOIS

Il est bien entendu possible que je me trompe (avec sincérité) et que le gouvernement et les partenaires sociaux n’ont eu de cesse de dire à leurs partenaires européens –en catimini pour le moment- qu’ils devraient prendre exemple sur le Grand-Duché et adopter cette belle idée de célébrer ce que l’Europe apporte en lui consacrant un jour férié.

Si tel est le cas, je présente mes excuses pour mon préjugé non pertinent (ce n’est hélas ni la première fois ni la dernière), dis mon impatience de lire le communiqué de presse commun de BusinessEurope et de la Confédération européenne des syndicats –inspiré par le Luxembourg– à propos d’un nouveau jour férié au sein de l’UE pour célébrer l’Europe, et espère que figurera la décision luxembourgeoise de rendre le 9 mai férié comme "un exemple à suivre" dans la déclaration finale du "Sommet de Sibiu sur l’avenir de l’UE" qui se tiendra le 9 mai 2019.