Quand le Nous divise au lieu de rassembler.

L'argument des fascistes, des populistes, des démagogues est le même depuis toujours: le Nous. Le Nous d’abord. Le Nous français... le Nous italiens... le Nous pour notre pays à NOUS. Mais ce Nous est un Nous qui n’en est pas. Un Nous qui n’a jamais été et qui ne sera jamais.

Non, ces vendeurs d’espoirs, ces charlatans populistes, ces fossoyeurs de l’égalité, de l’ouverture et de la démocratie, nous promettent un Nous d’exclusion, un Nous qui sépare, qui scinde, qui fracture, un Nous qui hérisse des frontières, un Nous qui érige des murs, un Nous qui n’est une illusion… Car, en fait, il n’y a pas plus de Nous que de collectif, il n'y a au final qu'un Vous et Eux, qu'un Toi, qu'un Moi...

Le machiavélisme appliqué à la lettre: diviser pour mieux régner. La cohésion, la solidarité, la bienveillance que nous nous devons en tant qu’hommes, ne font pas parties de leur Nous. Comme a dit M. Salvini il y a quelques mois: "…comparés nos grands-parents émigrés italiens à des immigrés clandestins." Il trouvera dans ses simples suiveurs des applaudissements, des hourras, des partages sur les réseaux sociaux. Il aura frappé un grand coup pour montrer que son camp est celui qui compte.

L'immigration italienne vers les Etats-Unis par Edwin Levick en 1906.

Mais d’autres, ceux qui croient à un véritable Nous, ne trouveront dans ces propos qu’une nouvelle accablante et triste preuve que, pour ce type de politiciens, les hommes ne sont pas égaux, qu’ils ne méritent pas les mêmes chances, pas les mêmes espoirs, que l’espoir leur est réservés à eux, aux leurs et donc pas à Nous.

POUR UNE EUROPE FORTE

Alors que la campagne européenne bat son plein, il incombe à tous de s’interroger sur Nous. Ce Nous qui croyons en une Europe forte, soudée autour d’un projet de paix, d’un combat contre les inégalités et pour l’écologie. Nous devons faire entendre nos voix, continuer la construction européenne, car la plus grande menace pour l’Europe n’est plus à l’extérieur, mais bien au cœur même de ses propres frontières.

Il sera toujours plus facile de se replier sur soi, d'être nostalgique du Nous d’avant, d'oublier les autres, de dresser des murs et de tracer des frontières que d'affronter avec courage et détermination les nouveaux enjeux de notre temps. Quand une société doit faire face, elle peut soit se lever, se montrer solidaire, déterminée ou elle peut sombrer dans un réflexe conservateur. Dans la peur. Basculer dans l’extrême. La solution ne vient que de la lumière, pas de l'ombre. Ne nous laissons pas distraire par les appels au repli, aux menaces de dilution de notre identité, de notre souveraineté, restons soudés. Car un jour viendra si Nous laissons faire: ce sera Nous contre eux.