L'Agence France-Presse va déposer plainte pour "violences volontaires en réunion", "menaces de mort" et "entrave à la liberté d'expression" après l'agression d'une de ses équipes lors d'un rassemblement anti-pass vaccinal à Paris, a annoncé dimanche son PDG.

L'AFP "est déterminée à défendre l'exercice du métier de journaliste sur le terrain et va porter plainte dès lundi", a déclaré Fabrice Fries.

L'agence de presse portera plainte auprès du procureur de la République au nom des deux journalistes agressés pour "violences volontaires en réunion" et "menaces de mort" et en son nom pour "entrave à la liberté d'expression".

"L'AFP dénonce la banalisation des agressions, verbales et maintenant physiques, contre ses équipes et s'inquiète du nouveau degré de violence atteint", a ajouté M. Fries.

Deux journalistes reporters d'images (JRI) de l'AFP, ainsi que deux agents de protection rapprochée qui les accompagnaient, ont été violemment pris à partie alors qu'ils couvraient le rassemblement anti-pass vaccinal organisé à Paris par le mouvement Les Patriotes du candidat pro-Frexit à la présidentielle Florian Philippot.

A l'appel d'un individu cagoulé avec un mégaphone, au moins une cinquantaine de personnes, identifiées comme d'extrême droite par les journalistes, ont tenté de s'en prendre à la vidéaste de l'AFP. Les agents de protection se sont interposés, permettant aux deux JRI de prendre la fuite.

Les agents de sécurité ont ensuite été frappés, à coups de matraque notamment, alors qu'ils protégeaient la journaliste, rattrapée par une vingtaine de manifestants.

Ils ont alors été menacés de mort et l'un des agents de sécurité a reçu une bouteille sur la tête, lui ouvrant le cuir chevelu.

La société qui emploie les deux agents va également porter plainte de son côté.

"L'agression d'une équipe de l'AFP et les menaces de mort à son encontre témoignent d'un degré de violence inquiétant. Ceux qui les ont perpétrés doivent être poursuivis et condamnés. La justice doit démontrer sa capacité à sanctionner avec fermeté les auteurs de tels actes", a réagi sur Twitter Christophe Deloire, numéro un de Reporters sans frontière (RSF).

Il s'agit de la deuxième agression dont est la cible une équipe de l'AFP couvrant des manifestations contre le pass sanitaire. En juillet 2021, deux JRI avaient reçu crachats et injures lors d'une manifestation organisée par M. Philippot.