Facebook a annoncé jeudi avoir fermé la page du parti AdvanceNZ, deux jours avant les élections générales, en accusant cette formation surfant sur les théories du complot de promouvoir la désinformation au sujet de la pandémie.

"Nous n'autorisons personne à partager sur notre plateforme la désinformation au sujet du Covid-19, qui serait de nature à porter de façon imminente un préjudice physique", a expliqué à l'AFP un porte-parole du réseau social.

"Nous avons fermé la page Facebook +Advance New Zealand/New Zealand Public Party+ pour des violations répétées de cette politique."

Une décision qui a été condamnée par le fondateur du parti Billy Te Kahika qui a accusé Facebook d'ingérence dans le processus électoral, lui qui avait en quelques mois vu son audience exploser grâce au réseau social.

"Facebook a désormais officiellement commis une ingérence dans les élections néo-zélandaises de 2020", a-t-il dit dans une vidéo postée sur son compte Facebook personnel.

"Ils l'ont fait au milieu d'une émission et c'est incroyable, les gars. C'est extraordinaire (...) ils ont finalement mis leurs menaces à exécutions."

Ancien guitariste de blues, Billy TK, comme il est aussi connu, brigue un siège de député lors des législatives de samedi.

Il a été une des surprises de la campagne, s'imposant rapidement comme une figure de proue de la mouvance conspirationniste néo-zélandaise.

Le fondateur du parti AdvanceNZ, Billy Te Kahika, le 9 septembre 2020 à Mangawhai, au nord d'Auckland / © AFP/Archives

Ses publications sur les réseaux sociaux comme ses discours de campagne sont truffés d'emprunts aux théories du complot qui se sont propagées dans le monde aussi vite que le coronavirus.

- Pas en "Corée du Nord" -

Avec toujours en toile de fond cette obsession d'un "deep state", un "Etat de l'ombre" ou "Etat profond", et l'affirmation que la crise sanitaire aurait été fabriquée par les gouvernements pour prendre le contrôle de leur population.

"Billy TK" défend aussi l'idée d'un "projet" des Nations unies de parquer tous les ruraux dans des "super villes" afin de confisquer leurs terres. Avec en coulisses Bill et Melinda Gates, Hillary Clinton ou la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern qui tireraient les ficelles.

Et jeudi, il a accusé Mme Ardern d'être derrière la décision de Facebook.

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 13 octobre 2020 à Wellington / © AFP

"Nous ne sommes ni en Corée du Nord, ni en Chine, mais c'est pourtant l'impression que donne l'attitude du gouvernement", a-t-il dit.

Une colère décuplée par ses partisans sur les réseaux sociaux.

"Ils ont fait cela à Trump, vous êtes tous les deux une menace pour l'establishment", commentait un internaute quand un autre ajoutait: "Plus ils vous combattent, plus vous êtes crédibles."

Billy TK avait dit à l'AFP pouvoir rassembler 15% de l'électorat sur son nom le 17 octobre. Les sondages le donnent cependant beaucoup plus bas.