Le Tongien Pita Taufatofua, porte-drapeau rendu célèbre par son show torse nu lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio en 2016, a poursuivi sa "folle" aventure à Tokyo et bientôt peut-être... au cinéma.

JO-2016, Rio, cérémonie d'ouverture: le concurrent de taekwondo apparaît torse nu, couvert d'huile de coco, brandissant fièrement le drapeau de sa petite nation du Pacifique. En quelques heures, l'illustre inconnu tape dans l'œil du monde entier et récolte pas moins de 45 millions de mentions sur Twitter.

En 2018, rebelote. Cette fois, le spectacle a lieu à Pyongyang, pour les Jeux d'Hiver, où il doit s'aligner en ski de fond. Malgré des températures glaciales, il parade vêtu d'un pagne traditionnel. Aucun habit ne couvre le haut de son corps, sauf une paire de gants.

Et cette année, malgré le Covid-19, le Tongien de 37 ans ne s'est pas fait prier et a pu répéter son show à Tokyo, sans aucune réticence à participer à l'événement durant la pandémie, à nouveau en taekwondo.

"Je suis juste content d'y aller", déclare-t-il dans un appel vidéo.

Il faut dire que depuis sa performance remarquée au Brésil, ponctuée d'une élimination au premier tour, le Tongien vit une "folle" aventure.

À Pyeongchang, deux ans après, il réussit à se qualifier en ski de fond alors qu'il n'avait vu la neige qu'une fois avant de commencer à s'entraîner.

Basé à Brisbane, Taufatofua attache des planches de bois à ses pieds pour simuler le ski sous la chaleur étouffante australienne. Il doit se rendre en Islande pour obtenir sa qualification. Il finira digne 114e en Corée du sud.

LE KAYAK TOMBE À L'EAU

Pour Tokyo, l’athlète aux multiples facettes comptait cette fois se transformer en kayakiste et participer au 200 m K1. Un objectif qui lui aurait permis de réussir l'exploit de participer à la compétition dans trois sports différents.

Mais le pagayeur novice s'est retrouvé confronté à plusieurs problèmes, notamment des vents violents qui ont poussé son kayak dans tous les sens, si bien qu'il s'est retrouvé dans le mauvais sens sur la ligne de départ pour ses débuts en compétition.

La fermeture des frontières, liée à la pandémie, a empêché la tenue des dernières qualifications. Mais pas de regret pour Pita Taufatofua qui, grâce à ses compétences en taekwondo, sera tout de même de l'aventure japonaise.

"Si montrer aux gens qu'ils peuvent tenter leur chance implique de prendre le mauvais chemin dans une course ou d'arriver dernier, ce n'est pas grave", ajoute t-il.

Et ses exploits, peu communs, ont semble-t-il attiré l'attention d'Hollywood. Selon ses dires, Taufatofua ne manquerait pas d'offres pour le grand écran et un rôle l'attendrait dans un film soutenu par les États-Unis.

"Le fait d'être le porte-drapeau des Tonga et la personne que tout le monde associe à la Polynésie fait qu'à chaque fois qu'un rôle se présente et que l'on a besoin d'un insulaire du Pacifique ou d'un guerrier à la peau brune, on m'appelle."

Le Tongien a également suscité l'intérêt de réalisateurs de documentaires, mais Taufatofua ajoute qu'il n'a pas encore trouvé la bonne personne pour raconter son histoire.

Alors tout en poursuivant ses ambitions de grand écran, il n'en oublie pas le sport et plaisante en disant ne pas avoir renoncé à la gloire en kayak.

"S'il y a un couloir libre et un vieux canard en caoutchouc sur lequel je peux pagayer, alors je le ferai !" De quoi ajouter une nouvelle page cocasse à un potentiel futur scénario.