La justice britannique examine à partir de mardi la demande de Meghan Markle de lui donner gain de cause contre la société éditrice du tabloïd Daily Mail, qu'elle poursuit pour atteinte à la vie privée, sans passer par un procès.

L'ex-actrice américaine de 39 ans et épouse du prince Harry reproche à Associated Newspapers - qui édite le Mail Online, le Daily Mail et sa version dominicale Mail on Sunday - d'avoir porté atteinte à sa vie privée en publiant des extraits d'une lettre manuscrite adressée à son père Thomas Markle en août 2018.

Meghan Markle, duchesse de Sussex, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 2 octobre 2019 / © AFP

Un procès devait initialement se dérouler en janvier 2021 dans le cadre de cette affaire, mais les avocats de la duchesse de Sussex en avaient obtenu le report à l'automne 2021, devant la Haute Cour de Londres en octobre.

Outre une "raison confidentielle" invoquée par les représentants de Meghan Markle, le juge Mark Warby, chargé de l'affaire, avait indiqué que le report était justifié par une démarche légale entamée par la plaignante.

C'est cette demande de "jugement sommaire" - qui, en droit anglo-saxon, permet de voir l'affaire se résoudre sans procès - que la Haute Cour va examiner mardi et mercredi.

Le prince Harry et son épouse Meghan Markle lors de leur mariage, le 19 mai 2018 à Windsor / © AFP/Archives

Les audiences se tiendront de manière virtuelle en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, qui a contraint l'Angleterre à se reconfiner pour la troisième fois début janvier.

Infligeant un revers à Meghan Markle, la justice avait autorisé en septembre le Mail on Sunday à appuyer sa défense sur "Finding Freedom" (Vers la liberté), une récente biographie de Meghan et son mari le prince Harry, revenant sur son éloignement de la monarchie britannique. La duchesse avait fait part de son intention de faire appel.

Les avocats d'Associated Newspapers avaient affirmé que Meghan avait "coopéré avec les auteurs" de cet ouvrage qui fait référence à la lettre pour la diffusion de laquelle ils sont poursuivis, ce qu'elle nie.

Le prince Harry et Meghan Markle avec leur fils Archie, le 25 septembre 2019 en Afrique du Sud / © POOL/AFP

Le prince Harry, 36 ans, sixième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, a dénoncé à de multiples reprises la pression des médias sur son couple et en a fait la raison principale de sa mise en retrait de la famille royale, annoncée en janvier 2020 et effective depuis début avril.

Installé depuis en Californie, le couple est en guerre ouverte contre la presse. Harry, dont la mère Diana est morte poursuivie par des paparazzis en 1997 à Paris, a engagé des poursuites judiciaires séparées contre un autre tabloïd britannique, le Daily Mirror, pour des piratages téléphoniques présumés.

Selon des médias britanniques, il poursuit également en diffamation Associated Newspapers concernant un article publié en octobre par le Mail on Sunday, affirmant qu'il n'avait plus de contact avec les Royal Marines depuis son éloignement de la monarchie, qui l'avait contraint à renoncer à ses titres militaires honorifiques.

Le prince Harry et son épouse Meghan à Londres, le 5 mars 2020 / © AFP/Archives

Depuis leur installation en Californie, justifiée également par leur désir d'indépendance financière, Meghan Markle et son mari ont conclu plusieurs contrats avec des plateformes de contenus, dont le géant du streaming Netflix et la plateforme audio Spotify.

Des critiques ont reproché au couple de chercher à tirer profit de cette appartenance à la famille royale et de leur célébrité tout en refusant d'assumer les aspects protocolaires et de représentation liés à la fonction.

Le duc et la duchesse de Sussex ont eux mis en avant leur volonté d’œuvrer pour des causes humanitaires, notamment par le biais d'une nouvelle fondation, Archewell, nom inspiré de celui de leur fils Archie, né en mai 2019.