Le parquet de Paris a annoncé vendredi à l'AFP avoir fait appel d'une ordonnance de libération sous contrôle judiciaire du musicien MHD prise mardi par un juge, l'artiste étant susceptible d'être libéré prochainement.

L'inventeur auto-proclamé de l'"afro-trap", mélange de rap et de musiques africaines, connu notamment pour un tube à la gloire du PSG, est en détention provisoire depuis le 17 janvier 2019, mis en examen pour "homicide volontaire" dans une affaire de règlement de comptes supposé entre groupes rivaux dans le nord-est de Paris.

Mardi, un juge des libertés et de la détention (JLD) a examiné la prolongation de cette détention provisoire et a rendu une ordonnance de remise en liberté sous contrôle judiciaire, allant à l'encontre des réquisitions du parquet.

Le parquet a fait appel de cette décision mercredi.

Le mandat de dépôt de MHD doit s'achever prochainement, selon une source proche du dossier, et l'artiste pourrait être libéré dans deux cas: si l'audience à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris rejette la demande du parquet d'un maintien en détention, ou plus simplement si cette audience, dont la date n'était pas encore connue vendredi, intervenait après la fin programmée du mandat de dépôt de l'artiste.

Début avril, la cour d'appel avait maintenu en détention MHD, testé positif au coronavirus, infirmant une décision de remise en liberté d'office prise par la juge d'instruction.

Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2018, Loïc K., 23 ans, avait été renversé par une voiture, passé à tabac et blessé à l'arme blanche dans le Xe arrondissement de la capitale, lors d'un règlement de comptes entre bandes rivales des Xe et XIXe arrondissements.

Une dizaine de personnes se sont acharnées sur lui, une scène filmée d'une fenêtre par un témoin. La victime était très rapidement morte de ses blessures.

Au moins trois témoins disent avoir identifié formellement MHD, selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance. L'intéressé conteste lui toute participation aux faits.

A ce jour, une dizaine d'hommes sont mis en examen, mais deux personnes importantes du dossier se distinguent par leur absence: un homme dont les empreintes génétiques sont présentes sur un couteau taché de sang récupéré sur les lieux du meurtre, et le principal témoin ayant reconnu dès le départ MHD parmi les agresseurs, qui fait défaut à chacune des confrontations demandées par le rappeur.