L’hypnose dans les soins fait de plus en plus ses preuves. Pour soulager la douleur, apaiser les angoisses ou encore aider à la récupération.

Rappelons tout d’abord que l’hypnose est un état de conscience modifiée, au cours duquel l’esprit s’évade pour se dissocier de la réalité. Malgré une apparente passivité, le patient reste actif et entend tout. Sa mémoire, son attention et sa vigilance sont amplifiées.

Quelles indications ?

Chez l’enfant, l’hypnose peut être utilisée pour la gestion des angoisses, des phobies, des traumas, des troubles de la concentration et du langage ou encore des “pipis au lit”. Son efficacité a également été démontrée pour soigner des problèmes de santé divers tels que des maux de tête, de l’asthme, des nausées, de la constipation ou de l’eczéma.

Enfin, cette technique diminue l’appréhension et l’angoisse d’éventuels soins futurs ou d’examens médicaux (IRM…), et permet de mieux contrôler la douleur, qu’elle soit aiguë ou chronique.

Lhypnoalgésie, qu’est-ce que c’est ?

On appelle « hypnoalgésie », l’hypnose proposée pour l’accompagnement d’un soin douloureux (prise de sang, injection, pose de cathéter, pansement, ponction lombaire…). Le but étant que l’enfant garde un souvenir agréable du soin en focalisant son attention sur autre chose. L’hypnoalgésie s’avère aussi très utile pour la gestion de la peur, du stress, de l’angoisse et des phobies.

"A partir d’environ 5 ans, les enfants ont des facilités naturelles pour entrer en hypnose car la frontière entre le réel et l’imaginaire est très mince chez eux. Chez les enfants de moins cinq ans, l’hypnose est remplacée par des techniques de distraction. Elles consistent à proposer des objets concrets (bulles de savon, des marionnettes, jeux,…) pour attirer l’attention de l’enfant et qu’il ne pense pas au soin.", expliqua Joëlle Mortier.

Comment se déroule la séance ?

Par des techniques spécifiques, le soignant formé à la pratique de l’hypnose aide l’enfant à trouver en lui-même les outils (par ex. : la création d’une boîte à outils "kit de voyage") pour gérer la situation. Joëlle Mortier: " L’enfant est invité à vivre une expérience nouvelle. Une histoire lui est proposé et il peut s’imaginer être le héros d’une aventure, faire un voyage fabuleux… Durant l’hypnose, l’enfant est mis en sécurité, valorisé et félicité."

En hypnose, la méthode utilisé
e s’appuie sur 6 principes :

  1. Avoir une communication verbale positive : l’infirmier formé en hypnose utilise des termes rassurants et bienveillants pour établir une relation de confiance avec l’enfant.
  2. Adopter une position basse, en termes de voix et de posture.
  3. Faire connaissance avec l’enfant : connaître ses centres d’intérêts, ses goûts et son mode d’expression privilégié.
  4. Cerner le stade de développement cognitif de l’enfant.
  5. Choisir la technique d’induction de l’hypnose selon l’âge de l’enfant.
  6. Développer la créativité, l’intuitivité, la poésie, l’imagination du praticien...
L’hypnose et ses impacts positifs !

Pour l’enfant : gestion de la douleur, utilise ses propres ressources, autonomie, acceptation du processus de soin, souvenirs positifs pour les soins futurs.

Pour les parents : retrouvent leur place de parents, participation active au soin, confiance mutuelle avec l’enfant et les soignants, moins de stress, diminution du sentiment d’impuissance, souvenir positif de l’expérience de soins.

Pour l’équipe soignante : diminution du sentiment de culpabilité, ambiance de travail souple, moins de stress, plus de confiance dans les gestes, amélioration de la qualité des soins, développement personnel et un gain de temps.