Le triathlon est une discipline qui combine la natation, le vélo et la course à pied et qui a la particularité d’enchaîner ces trois disciplines.

Le triathlon a été reconnu comme discipline olympique en 2000 et il fait chaque année de nouveaux adeptes. Entretien avec Christian Krombach, Président de la Fédération Luxembourgeoise de Triathlon.

La fédération luxembourgeoise de triathlon est née en 2003 suite à une scission de la fédération luxembourgeoise d’athlétisme qui avait une section "triathlon". Christian Krombach est Président de cette fédération depuis trois ans. Il a dénombré entre 500 et 600 licenciés au Luxembourg issus d’une douzaine de clubs (sept clubs d’athlétisme affiliés avec section triathlon, deux clubs de cyclistes affiliés à la fédération de triathlon et trois clubs purs de triathlon affiliés).

Vous faites du triathlon depuis combien de temps?

Cela fait 30 ans que je pratique cette discipline.

Quelles sont les principales qualités dont un triathlète doit faire preuve selon vous?

Un triathlète doit être très flexible dans la gestion du temps, Il doit être autonome, organisé, discipliné, acharné et doit consacrer beaucoup de temps pour gérer les trois entraînements.

En plus des trois disciplines, préconisez-vous de faire de la musculation pour être encore plus efficient?

Je préconise pour les athlètes qui commencent à prendre de l’âge, de faire des exercices de stabilisation. Il faut travailler au niveau du tronc car la position sur le vélo génère souvent des douleurs de dos si le dos n’est pas suffisamment musclé. Certaines épreuves nécessitent de rester 4 ou 5 heures sur le vélo, c’est très éprouvant pour le dos, la nuque…

Quelle est la discipline où l’on se blesse le plus en triathlon?

C’est selon moi la course à pied qui nous expose le plus aux blessures car courir est une discipline très éprouvante pour le corps. Mais il y a aussi des blessures en natation au niveau des épaules.

Combien d’heures un triathlète doit-il consacrer à son entrainement?

Le minimum est de 6 heures par semaine. Mais pour les sportifs qui ont des objectifs, des courses en vue, il faut tabler sur une dizaine d’heures. Les acharnés monteront à une quinzaine d’heures de sport. En fait, plus la distance devient longue, plus cela justifiera des heures d’entrainement et plus de sacrifices en général.

Quelles sont les plus belles épreuves que vous avez faites durant votre carrière de triathlète?

Personnellement j’ai fait trois fois l'Ironman d’Hawaï: c’est toujours un grand honneur d’y être mais il faut avouer que c’est souvent traumatisant et décevant car on ne parvient jamais à atteindre ses objectifs… C’est une grande désillusion car on s’acharne tellement sur cette épreuve qui est le rêve de tous les triathlètes! On revient souvent déçus parce qu’on est toujours loin de notre niveau habituel à cause des conditions extrêmes de l’épreuve (humidité, chaleur). On ne peut jamais se préparer à cela ici en Europe, c’est impossible.

J’ai fait énormément d’épreuves de semi Ironman mais l’événement qui m’a toujours le plus touché c’est en 1992 quand j’ai été champion du Luxembourg pour la deuxième fois, à l’âge de 19 ans: il y avait des dizaines de milliers de spectateur, c’était fantastique.

Quels sont vos objectifs pour 2019?

J’aimerai faire le semi Ironman d'Aix en Provence en mai et à nouveau l'Ironman de Remich en juin.

Votre discipline sportive n’empiète pas trop sur votre vie familiale?

J’essaye de jongler du mieux que possible avec le tout car j’ai trois petites filles de 9, 11 et 13 ans. Elles se sont également mises à la course et je ne les ai pas forcées, c’est leur volonté. Elles font déjà des compétitions! Ma femme court également pour se maintenir en forme.

Quelle hygiène de vie faut-il avoir pour pratiquer le triathlon?

Puisque cela exige des entraînements très réguliers, il faut accorder une grande importance à l’hygiène de vie. Il faut prêter une grande attention à la nutrition et aussi à la consommation d’alcool. Si on se laisse aller, cela laissera des traces dans l’organisme et on payera au niveau des entraînements mais également au niveau de la récupération. Notre corps est déjà tellement sollicité, qu’il faut en prendre soin car chaque entrave peut générer de la fatigue et par conséquent des blessures. Mais il ne faut pas être dans l’extrême, je suis contre cela. Il faut vivre. Le sommeil est très important également, il faut respecter le rythme dont a besoin notre corps.

Que prenez-vous comme compléments alimentaires pendant les longues courses?

Je consomme des nutriments en fluides, des glucides et des minéraux classiques, des comprimés de sel. Il faut anticiper les besoins de notre corps avant qu’il nous donne un signal car quand il nous donne ce signal, c’est déjà trop tard. Malgré mon expérience, c’est encore compliqué car le corps a des besoins différents selon les courses.

Le triathlon requiert d’avoir une excellente condition physique. Mais quelle place a le mental dans les compétitions?

Plus la course est longue et plus le mental joue, c’est clair. On vit durant ces courses des moment parfois difficiles et c’est de cette façon qu’on se distingue et qu’on fait la différence. Il nous faut gérer les signaux du corps et la tête qui n’a plus forcément envie. Il faut trouver des repères pour tenir bon et éviter de se laisser aller.

À quoi pense t-on pour éviter de craquer?

On essaye de penser à des choses positives, on se voit à l’arrivée par exemple avec nos proches, nos amis qui nous attendent. Lors des Ironman d’Hawaï je ne pensais pas au marathon que j’avais à faire, mon but était d’atteindre chaque ravitaillement, étape par étape. On négocie en permanence avec notre fort intérieur pour ne pas craquer.

Quels sont vos points forts ?
Je suis issu de la natation. J’ai ensuite mis l’accent sur la course à pied. Mon niveau dans les trois disciplines est à présent à peu près équilibré.

Y a t-il des professionnels au Luxembourg?

Oui, on a quatre athlètes olympiques actuellement qui ne font que cela (en plus de leurs études) : ce sont des élites pro. On aussi un athlète qui est en catégorie pro mais et qui travaille à mi-temps (semi-pro).

DIFFÉRENTES DISTANCES

Le triathlon propose diverses distances que l’on choisit en fonction de son niveau.

XS (ou découverte) pour 400 m de natation, 10 km de vélo et 2,5 km de course à pied.

S  (ou sprint) pour 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied.

M ou CD (courte distance) pour 1500 m de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied.

L pour 3000 m de natation, 80 km de vélo et 20 km de course à pied.

70.3 (distance totale de la course en miles) pour 1900 m de natation, 90 km de vélo et 21,097 km de course à pied.

XL ou LD (longue distance) pour 4000 m de natation, 120 km de vélo et 30 km de course à pied.

XXL ou Iroman® pour 3800 m de natation, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied.