Pendant plus de cinq ans, Grégory Schmit (nom emprunté) a été alcoolique. A travers son témoignage, il nous relate son combat quotidien contre l’alcool.

D'abord festif ou comme moyen de décontraction après une journée de travail de 10 heures, l'alcool est devenu une addiction...

J'étais aux portes de l'enfer où la nécessité de boire était une priorité. Seul, loin de mes proches, je sombrais inexorablement dans la déchéance.

Dans un moment de lucidité, constatant que ma condition physique était alarmante, j'ai consulté un médecin qui m'a fait entrer dans un centre spécialisé afin d'effectuer un sevrage. Après 8 semaines, libéré de l'addiction, j'en suis sorti … fragile et anxieux.

NE PAS RECHUTER

Pour cela, il est important de bien préparer sa sortie et son retour afin d'affronter les aléas de la vie tels que les différents soucis du quotidien. J'ai mis en place une stratégie, propre à chacun d’ailleurs. J'ai consulté une psychologue une fois par semaine ainsi que les Alcooliques Anonymes.

Se protéger dès la sortie est une priorité car dans ces centres, on est dans un "cocon" et le retour à la normale peut être violent, ce qui peut engendrer une rechute immédiate.

Cela fait 7 ans que je suis abstinent, par choix, par peur. Car certains diront qu'un petit verre d'alcool de temps en temps est acceptable… pour eux… j'en doute, du moins dans mon cas.

J'ai appris à me connaître et j'ai été très attentif aux discours des médecins. Donc pour moi, tolérance zéro. Et je sais que, malgré la durée, la rechute est possible et ce "petit verre" me remettrait instantanément dans les conditions d'alcoolisme aggravé.

J'ai appris à gérer mes pulsions, mes envies d'alcool. Ce qui est surprenant ce sont les "flashs", les envies qui arrivent subitement et c'est à ce moment-là qu'il faut être réactif. Ne pas tomber dans la facilité, penser que ce n'est pas grave. Et bien non ! Je m'accorde un moment de réflexion, je pense aux conséquences et l'envie disparaît. N'allez pas croire que je suis un super héros… je suis simplement un alcoolique abstinent et je sais que je dois être vigilant à tout moment.

ASSUMER SON ABSTINENCE

Un homme doit consommer de l’alcool... s'il veut être festif, convivial et se faire accepter par ses pairs. C'est le triste constat que j'ai pu faire tout au long de ces années.

Quand j'annonce que je préfère un café ou un soda… je deviens le pestiféré du groupe. Heureusement, ma personnalité m'a permis de m'affirmer et de faire entendre ma voix. Hélas, les personnes fragiles et influençables seront mises à mal, elles rechuteront par peur de ne pas faire comme les "autres".

Une notion importante que je véhicule est le respect des choix de chacun. Jje ne suis pas le chevalier blanc qui combat les dérives de la consommation d'alcool mais chaque adulte devrait pouvoir décider pa lui-même.

Si des questions me sont posées, je témoigne… uniquement. Le regard des autres est parfois "saoulant". Tu ne bois pas de vin à table ? Tu es malade ? Etc. Non… je suis alcoolique abstinent… Paf… l'ambiance est ruinée.

J'avoue que cette abstinence est quelquefois difficile à respecter, combien de fois me suis- je retrouvé face à ce questionnement : pourquoi te refuses-tu ce petit plaisir ? Et la réponse jaillit instantanément : "Tu veux vivre longtemps et dans de bonnes conditions ? Ne recommence pas !"

Il ne faut pas se voiler la face, c'est un engagement pénible, surtout au début. Les questionnements fusent et la facilité à portée de main… Un souci ? Un problème ? Un verre pour oublier, pour se sentir mieux et fort.

Mais grâce à une volonté de fer, je maintiens le cap. J'ai grandi en sagesse, en clairvoyance et en intelligence. Difficilement, peut-être, mais les résultats sont sans conteste incroyables.

Bien des portes se sont ouvertes et je n'ai pas envie de les voir se refermer brutalement. C'est cette nouvelle vie qui maintient mon choix d'être abstinent. J'ai fait le bon choix et je persisterai pour le restant de ma vie.

LES EFFETS NÉFASTES DE L'ALCOOL

A court terme :

  • gueule de bois,
  • troubles digestifs (vomissements, diarrhée...),
  • maux de tête,
  • somnolence,
  • troubles de l’élocution, de l’audition et de la vision,
  • perception et coordination diminuées,
  • coma éthylique.
A long terme :

  • maladies du foie : cirrhose, stéatose hépatique...
  • maladies cardiovasculaires : AVC, hypertension artérielle, infarctus du myocarde...,
  • certains cancers : bouche, oesophage, larynx, pancréas...
  • varices,
  • troubles du comportement (anxiété, dépression, agressivité, violence...),
  • perte de mémoire,
  • troubles sexuels,
  • moins bonne productivité au travail.