Elle a un "goût de sécurité avec une pointe de liberté": quand la Finlande a annoncé sa candidature à l'Otan dimanche, le propriétaire d'une petite brasserie de l'est du pays a décidé de célébrer avec une bière pour l'occasion.

Petteri Vänttinen, un brasseur basé à Savonlinna non loin de la frontière russe, est allé se coucher ce soir-là en se demandant toujours si sa bière était une bonne idée.

Mais le lendemain, alors que le Parlement débattait de l'adhésion, la "bière Otan" est devenue virale sur les réseaux sociaux, et il peine désormais à suivre la demande.

"Ca a juste explosé. J'ai eu des appels de partout dans le monde, les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, trop pour m'en souvenir", explique à l'AFP le Finlandais de 42 ans, dont le téléphone continue de sonner sans interruption depuis quatre jours.

L'étiquette - d'un bleu semblable au logo de l'Otan - représente un chevalier frappé du blason de l'alliance atlantique.

Son nom - "Otan", comme en français - est aussi un jeu de mots en finnois, car complété du mot Olutta ("bière"), il signifie: "je vais prendre une bière".

Elle a un "goût de sécurité, avec une pointe de liberté", assure M. Vänttinen.

A seulement 50 kilomètres de la frontière avec la Russie, les alentours de Savonlinna ont toujours été un lieu d'affrontement avec le puissant voisin russe, y compris pendant la Seconde guerre mondiale.

Lors de la visite de l'AFP, un flux continu de clients se pressait jeudi dans la petite brasserie, située dans un bâtiment de brique rouge construit en 1909, quand la Finlande faisait encore partie de l'Empire russe.

"Nous sommes là pour acheter la célèbre bière Otan. Nous voulions voir quel goût elle a", expliquent en choeur Susanna Häkkinen, 24 ans, et Emilia Mykkälä, 28.

Avec ses huit employés chez Olaf Brewing, Petteri a du mal à suivre la demande, et la bière est vendue dès qu'elle sort du tapis roulant.

"Normalement on vend cent canettes de bière par jour. Là on est à plus de 2.000", explique-t-il.

"On est une petite brasserie, on fait de notre mieux, mais on arrive pas à suivre, c'est trop".