Les cacatoès soufrés d'Australie semblent être entrés dans une "course à l'innovation" avec l'homme à propos des déchets dans les poubelles en bord de route, ont observé des scientifiques.

Ces oiseaux blancs, qui peuvent atteindre la taille d'un bras humain, ont d'abord surpris les chercheurs en concevant une technique ingénieuse pour ouvrir les couvercles des poubelles domestiques à Sydney et dans d'autres régions.

Selon une nouvelle étude publiée lundi dans Current Biology, les oiseaux sont allés encore plus loin en déjouant les défenses croissantes d'humains excédés, des comportements qui pourrait révéler une "course à l'innovation inter-espèces" jusqu'ici inexplorée.

Nichée entre une forêt et une plage balayée par les vagues et bordée de falaises, la ville pittoresque de Stanwell Park, près de Sydney, est sur la ligne de front de cette bataille.

"Si on ne ferme pas la poubelle juste après avoir jeté les déchets, ils seront dedans", explique Ana Culic, 21 ans, gérante d'un café de la ville. "Des cacatoès partout. Genre, juste des déchets partout devant chez nous".

MALIN COMME... UN CACATOÈS

Sa famille a essayé de faire fuir les cacatoès avec des statues de hibou, sans succès. Ils ont ensuite essayé de placer des briques sur les couvercles des poubelles, mais les cacatoès ont appris à les enlever.

Finalement, ils ont percé une serrure dans la poubelle.

Des observations fréquentes révèlent qu'un cacatoès seul arrive à ouvrir une poubelle grâce à une technique complexe.

Les scientifiques ont constaté dans une étude antérieure que la connaissance de cette technique s'est répandue sous le regard d'autres oiseaux, créant ainsi des "traditions" locales.

Leurs nouvelles recherches montrent que les humains, frustrés de voir leurs déchets éparpillés dans la rue, ont appris à s'adapter.

Lorsque les humains ont réagi, "j'ai été vraiment étonnée par le nombre de méthodes différentes que les gens ont inventées", a déclaré l'autrice principale de l'étude, Barbara Klump, spécialiste du comportement à l'Institut Max Plank en Allemagne.

Alors que les cacatoès apprennent à déjouer certaines des protections des humains, les deux espèces semblent engagées dans une "progression par étapes et une réitération", a déclaré la chercheuse.

Les cacatoès "ont une certaine capacité à résoudre les problèmes et nous savons qu'ils sont super curieux et qu'ils aiment explorer", a déclaré Klump. "Mais je ne pense pas que la protection des poubelles rendra ensuite en soi les cacatoès plus intelligents".