Après le début de la guerre en Ukraine, le groupe belgo-brésilien AB Inbev avait annoncé cesser toutes ses activités dans le pays.

Un contrat avec un autre brasseur turc le contraint pourtant à reprendre la production de bières en Russie.

Tout a commencé avec le tweet de la chambre de commerce belgo-luxembourgeoise en Russie. "La société de brassage AB Inbev Efes a lancé la production de la bière belge Leffe Blonde et Brune en Russie. La bière sera produite sur les sites d’Oulianovsk, Kaluga, Omsk, Volzhsky, Saransk, Klin et Ivanovo."

7 usines ont été choisies pour produire la bière belge emblématique. Mais en pleine guerre, le choix du sol russe a rapidement fait réagir. En commençant par l’ex-première dame ukrainienne Kateryna Yushchenko. "Oh AB Inbev, pas très élégant de soutenir le génocide. Les Européens de l’Ouest aiment faire la leçon aux autres sur la corruption alors qu’ils choisissent eux-mêmes l’argent plutôt que la morale. Boycottez la bière Leffe", a-t-elle écrit sur Twitter.

Sauf qu’ici, nous parlons de deux sociétés bien distinctes. La première est AB Inbev, groupe brassicole belgo-brésilien et producteur original de la Leffe. La seconde est AB Inbev Efes qui est en réalité une co-entreprise, une société créée par la collaboration à part égale de deux entités, à savoir AB Inbev et Anadolu Efes, le brasseur turc. A l’origine, cette collaboration avait pour but de contenter le marché russo-ukrainien friand de bières belges, mais ça, c’était avant la guerre.

A l’annonce des premières attaques sur le sol ukrainien AB Inbev a annoncé vouloir suspendre son activité en Russie et vouloir revendre ses parts de la co-entreprise. Aujourd’hui, la vente n’a pas encore été conclue et les discussions sont en cours.

"La suspension de la licence de vente de certaines marques fait partie des discussions de transaction en cours avec Anadolu Efes. Comme annoncé précédemment, AB Inbev renonce également à tout bénéfice financier provenant des opérations de la co-entreprise", a déclaré la porte-parole d’AB Inbev.

Le brasseur belge ne toucherait donc rien de la production russe de Leffe. Mais va-t-elle vraiment être lancée ? La question reste aujourd’hui sans réponse.