Pizzaïolo installé à Perlé, à la frontière belge, Nizar El Hajjaoui a remporté le titre de champion du monde de la calzone à Rome, en octobre. Nous l'avons rencontré.

"Il y a quelques années, je n'avais pas de calzone à la carte. Je n'avais pas les fours qu'il fallait et je n'avais pas envie de bricoler avec le matériel à ma disposition. Je ne voulais pas prendre le risque de servir des calzones mal cuites car ça ne se cuit pas comme une pizza ouverte. Mais j'ai gagné des concours et les clients m'en ont demandé, alors il a bien fallu que je les mette sur la carte !" Nizar El Hajjaoui est un bon vivant au rire facile et communicatif, et ses pizzas lui ressemblent. Généreuses.

Sa dernière création, une calzone "à base de mascarpone, figues, jambon d'Ardenne, fromage à pâte molle et d'un peu de miel" lui a permis de devenir champion du monde de la calzone, lors de la Coupe du monde à Rome, les 5 et 6 octobre dernier. Devenir ou plutôt, redevenir. Car ce Marocain d'origine, qui a installé en 2015 sa pizzeria à Perlé, au Luxembourg, à quelques mètres de la frontière belge, est un compétiteur dans l'âme. Chaque année ou presque, il se retrouve dans les médias luxembourgeois et belges, puisqu'il tient également deux autres restaurants en Belgique.

Ainsi, il a été deux fois vice-champion du monde déjà à Rome en 2014 et en 2016, une fois champion des champions des spaghettis lors de la Master Cup à Naples en 2015, vice-champion de la pizza innovante en 2017, deux fois champion des champions de la Master Cup à Naples et en Suisse en 2014 et en 2016...

Difficile néanmoins de s'y retrouver dans cette profusion de titres de champions du monde: il existe plusieurs compétitions en Italie, organisées par des fédérations différentes et chaque pizzaïolo a le choix de concourir aux coupes du monde qu'il souhaite, selon ses disponibilités. "Mais un concours est un concours, on est tous là pour être le meilleur et pour convaincre un jury. Il y a de la pression, ce n'est pas facile" souligne Nizar El Hajjaoui.

La cuisine et la pizza ont été une révélation pour ce quadragénaire, qui se morfondait dans son bureau au début des années 2000. "J'ai travaillé de 2000 à 2004 dans le secteur financier. Pour finir je me suis dit : "ce n'est pas pour moi, je vais faire autre chose". Quand j'ai commencé à faire de la cuisine, j'ai commencé à dormir tranquille chez moi. Quand j'étais dans le secteur financier, j'avais toujours la boule au ventre, le cœur qui bat tout le temps à 100%..."

C'est désormais pour la pizza que son coeur bat. Et c'est très bien comme ça.