Richard Geoffroy, chef de cave de Champagne Dom Pérignon pendant 28 ans, s'attaque aujourd'hui au marché luxembourgeois avec un produit original: un saké qu'il élabore au Japon en suivant la technique du vin.

"On a une approche sans précédent dans le monde du saké." À la table du Ryodo, l'une des meilleures adresses du Luxembourg en matière de gastronomie japonaise, Richard Geoffroy affiche une assurance à la hauteur de ses nouvelles ambition. À 67 ans, l'homme est un maître dans le milieu du champagne: il a été chef de cave Dom Pérignon pendant 28 ans. Mais c'est avec une autre bouteille qu'il compte conquérir le palais des Luxembourgeois: son propre saké, qu'il a baptisé "IWA 5""Le site d'Iwa est situé dans la préfecture de Toyama, au centre-ouest du Japon, au pied du mont Tate, une des trois montagnes sacrées du Japon. Iwa, c'est l'âme du saké" explique t-il.

Pourquoi son saké est-il si révolutionnaire ? Parce qu'il s'agit d'un saké "assemblé", technique empruntée à l'élaboration de certains vins et qui consiste à mélanger plusieurs cuves. Le numéro 5 d'IWA n'est pas présent pour rien sur la bouteille. "Dans le monde oriental et occidental, 5, c'est l'harmonie. C'est l'idée de l'union, de la quintessence. C'est notre manière d'exprimer le fait que ce saké soit assemblé de différentes variétés de riz, de différentes origines, de différentes souches de levure et autres particularités techniques. L'assemblage permet d'aller plus loin" explique son créateur. Cette approche permet, selon lui, "d'embrasser toutes les cuisines du monde, bien au-delà de la cuisine japonaise." 

Comme le vin, IWA 5 se boit tout au long du repas, mais ce n'est pas (encore?) un breuvage d'apéritif ou de digestif. "Il faut déjà répondre à tous les moments de repas dans les différentes culture de cuisine, mais on peut imaginer qu'il soit également consommé, à l'avenir, avant et après" souligne Richard Geoffroy.

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© Raphaël Ferber/RTL 5minutes


Sa bouteille est le fruit de plusieurs mois d'un travail d'orfèvre. Depuis bientôt trois ans et un déménagement au Japon, le saké est devenu la nouvelle passion de Richard Geoffroy. "C'est mon appréciation des cultures du Japon et des liens que j'ai pu créer qui m'ont mené vers le saké" dit-il. "Le saké, c'est l'ADN du Japon. Il véhicule toutes les valeurs du pays".

Le Français a d'abord dû convaincre au pays du soleil levant mais la frange avant-gardiste japonaise s'est finalement laissée convaincre assez facilement. En fait, son saké a été lancé au Japon l'an dernier avant d'être exporté à l'ensemble de l'Asie, et continue de se déplacer d'Est en Ouest. Il s'attaque désormais au marché européen: après l'Angleterre et l'Italie, Richard Geoffroy a donc fait escale au Luxembourg, avant même de présenter son saké au marché français ! "Il y a une grande culture du "bien manger" au Luxembourg" estime t-il.

Et il y croit dur comme fer, sa bouteille peut conquérir les tables européennes. "C'est un projet à long terme" annonce t-il. "Plus les chefs du Luxembourg, de l'Europe puis des États-Unis se l'approprieront, plus il s'imposera sur les tables."