Ouvrir un hôtel en ces temps de restriction n'est pas chose aisée. L'équipe du Mama Shelter relève le défi avec, pour l'heure, les chambres et le rooftop. Le reste suivra en septembre.

L'ouverture était prévue le 15 avril. Le coronavirus en a décidé autrement et c'est ce 20 juillet que le nouvel hôtel Mama Shelter se lance. D'abord avec la partie hôtel - 145 chambres de diverses tailles - et le rooftop. Suivront en septembre, le restaurant, le bar, une boulangerie, un mini-cinéma (31 places) et des espaces de coworking et de réunions.

Pour le groupe hôtelier fondé en 2008 par Serge Trigano, c'est le 13e établissement qui ouvre ses portes. Après s'être implanté à Paris, Bordeaux ou Marseille, l'internationalisation a suivi, à la faveur de l'entrée du groupe Accor dans le capital de Mama Shelter: Rio, Belgrade, Los Angeles, Dubaï ou Prague. De nouvelles implantations - qui ont pris du retard crise covid oblige - vont arriver dans les mois à venir avec Rome, Bucarest, Lisbonne ou Bahreïn.

XAVIER BETTEL ET STÉPHANE BERN EN TÊTE DE PONT

Dans cette liste, Luxembourg peut sembler anecdotique. Mais cette implantation est bien réfléchie par Serge et Jérémie Trigao: "Il y a eu une double influence. D'une part, le groupe Batipart qui détient déjà le Sofitel et les Novotel voisins voulait voir un hôtel sur le site. Mais d'autre part, c'est Xavier Bettel et Stéphane Bern que nous connaissons bien qui ont fait l'article pour Luxembourg", rembobine Serge Trigano qui pense "amener du fun dans l'univers sérieux de la Place financière."

Avec l'entregent du Premier ministre en personne et l'appui du groupe Accor, le projet allait se mettre en place rapidement, la première pierre ayant été posée en septembre 2018. "Le Luxembourg est aussi beau que cosmopolite. Nous étions certains que le mélange de ces aspects-là au côté fun et sexy de Mama serait exaltant", s'enflamme Jérémie Trigano, CEO du groupe.

Pour l'instant, l'équipe comprend 45 personnes, et devrait atteindre 70 à l'automne, sous la houlette d'André Pêcheur qui dirigeait le Novotel centre. "Un manager d'hôtel, c'est un peu un metteur en scène: il a un décor et un casting qu'il doit faire vivre en y insufflant une âme", décrit le fondateur du groupe.

Les différents espaces de l'hôtel suivent parfaitement les codes que l'on connaît dans les autres Mama Shelter: un esprit volontiers régressif (dessins animés, bornes d'arcade, masques), un design affirmé de mélanges de style (la moquette inspirée des billets de 100 euros, des sombreros pour lampes, un mobilier dépareillé...), du convivial partout (grandes tables, babyfoot géant, bar central)... Bref une sorte de joyeux foutoir coloré, décalé et connecté.

À BOIRE ET À MANGER

La carte du restaurant est signée par le chef français Jean-Edern Hurstel que l'on a pu voir dans l'émission Top chef il y a quelques années. Il propose des plats internationaux, d'inspiration méditerranéenne avec une large gamme de prix. Pour l'instant, une carte réduite est proposée au rooftop du sixième étage. À terme, le four à pizza, la boulangerie, les bars à cocktails compléteront l'offre qui se tourne non seulement vers la clientèle de l'hôtel, mais aussi des habitants et personnes qui travaillent en ville.

"Le business model joue sur un gros apport de la clientèle locale pour le restaurant et le bar", décrit Serge Trigano, "les premiers mois risquent d'être difficiles, mais les gens ont besoin de se retrouver, ils ne vont pas télétravailler éternellement."

Autre développement qui n'existe pas dans les autres hôtels du réseau: des salles de réunions et espaces de coworking disponibles aux sous-sols. "Nous avions des mètres carrés disponibles et des études de marché nous disant que ce genre d'offre est encore rare à Luxembourg", détaille le patron.

L'hôtel est situé rue de Fort Niedergrunwald au Kirchberg, à côté du Novotel et du Sofitel.